RDC: Martin Fayulu, Matata Ponyo et Denis Mukwege exigent la « reconstitution de la CENI et de la Cour constitutionnelle »

RDC: Martin Fayulu, Matata Ponyo et Denis Mukwege exigent la « reconstitution de la CENI et de la Cour constitutionnelle »

Martin Fayulu, Matata Ponyo et Denis Mukwege exigent la « reconstitution de la CENI et de la Cour constitutionnelle, l’arrêt de l’instrumentalisation de la justice contre les candidats président notamment dans l’affaire Matata mais aussi la levée de l’état de siège dans le Nord-Kivu et l’Ituri. Les deux premiers ont déjà annoncé leur candidature à la présidentielle de 2023, et il se murmure que le troisième pourrait aussi être un prétendant à la magistrature suprême contre Félix Tshisekedi.

Ces trois personnalités congolaises, dont deux ont déjà déclaré leur candidature à la présidentielle de 2023, accusent le chef de l’État, Félix Tshisekedi, de déficit de « leadership ». Dans une déclaration commune signée ce lundi 26 décembre, les trois personnalités politiques et de la société civile, se disent  « vivement préoccupées pour la RDC qui vit l’un des moments les plus sombres de son existence ».

Ces trois leaders invitent la nation « à se réveiller et à prendre ses responsabilités pour ne pas être témoin et complice de l’émiettement ou la balkanisation de la RDC » à la suite, selon eux, de « l’irresponsabilité du régime en place ».

D’après Martin Fayulu, Denis Mukwege et Matata Ponyo, « le régime Tshisekedi viole chaque jour la Constitution et sacrifie ainsi l’intérêt général sur l’autel d’intérêts particuliers, mettant à mal la moralité publique en privilégiant le recours à la corruption, le détournement des deniers publics, le clientélisme, le tribalisme et le népotisme ».

Ces personnalités expriment leur profonde inquiétude sur le caractère « non-inclusif » du processus électoral et condamnent fermement les violations systématiques des libertés publiques garanties par la constitution.

Pour eux, le dernier arrêt rendu par la Cour constitutionnelle dans le dossier du Sénateur Matata, « en violation de l’article 168 de la Constitution », en témoigne à suffisance.

Fayulu, Matata et Mukwege s’engagent donc « à ne faire passer aucune forfaiture électorale en 2023 et à assurer la mobilisation du peuple congolais pour sauver la RDC en danger ».

C’est pourquoi, les trois leaders exigent, entre autres, la sécurisation des élections, notamment au Nord et Sud-Kivu, en Ituri,  au Maï Ndombe et au Kwilu; la recomposition immédiate de la CENI et de la Cour constitutionnelle ainsi que le consensus autour de la loi électorale, des centres d’inscription d’électeurs et du calendrier électoral.

« Félix Tshisekedi responsable de la « balkanisation »

« Au lieu de doter le pays d’une armée efficace », notent les trois hommes, « le gouvernement a privilégié une politique d’externalisation de la sécurité nationale à des forces étrangères et pire, à des États à la base de la déstabilisation du pays. »

Évoquant « l’agression de notre pays par le Rwanda au travers de ses supplétifs du M23 », ils formulent une série d’exigences, parmi lesquelles : « la condamnation ferme du Rwanda par le Conseil de sécurité des Nations unies » ; « le retrait immédiat des éléments du M23 de toutes les positions qu’ils occupent » ; « le déplacement loin de la RDC des éléments rwandais des FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda] et Ougandais des ADF [Allied Democratic Forces] » ainsi que « la rupture des relations diplomatiques avec le Rwanda et la fermeture de toutes les frontières » entre le Rwanda et la RDC.

Sous la pression internationale, les rebelles du M23 qui ont conquis au cours des derniers mois de vastes pans du territoire du Nord-Kivu, ont participé le 23 décembre à une cérémonie en vue de remettre la ville stratégique de Kibumba à une force militaire régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Un évènement que l’armée congolaise a qualifié de « leurre ».

DECLARATION COMMUNE_Fayulu-Mukwegwe-Matata

(Avec Agences)