RDC: Jean-Marc Kabund démissionne de la vice-présidence de l’Assemblée nationale

RDC: Jean-Marc Kabund démissionne de la vice-présidence de l’Assemblée nationale

Jean-Marc Kabund, chef du parti présidentiel (UDPS), figure proche du pouvoir en place, a annoncé sur son compte Twitter, ce vendredi 14 janvier, sa démission de la vice-présidence de l’Assemblée nationale. Un poste qu’il occupait à nouveau depuis environ un an.

C’est lui-même qui l’a annoncé sur Twitter après que sa résidence a été prise d’assaut par des éléments de la Garde républicaine dans la nuit du 12 au 13 janvier. Un incident provoqué par une infraction routière. Une démission surprise tout de même en République Démocratique du Congo. Dans ce post, Jean-Marc Kabund n’évoque pas les causes de sa démission. Mais, celle-ci intervient deux jours après les incidents ayant opposé sa garde reprochée à un élément de la Garde républicaine (GR).

« En ce jour je prends la décision de démissionner de mes fonctions de 1er vice-président de l’Assemblée nationale. Ainsi s’ouvre une nouvelle page de l’histoire, qui sera écrite avec la sueur de notre front, qui coulera chaque jour qu’on affrontera les brimades, humiliations et tortures », peut-on lire sur son compte twitter.

Les faits

C’est une vidéo datant de mardi qui a provoqué l’indignation sur les réseaux sociaux… Les images montrent des policiers commis à la sécurité rapprochée de Jean-Marc Kabund, sur l’avenue des Poids lourds, brutaliser un soldat de la Garde présidentielle assis dans une jeep.

Le conducteur du véhicule a lui-même filmé la scène. Il roulait à contresens, ce qui a provoqué l’ire de Jean-Marc Kabund. Ses gardes ont alors brutalisé le passager, le militaire, jusqu’à lui ravir son arme avant de l’embarquer.

En guise des représailles, les militaires de la Garde républicaine sont allés vandaliser la maison de Jean-Marc Kabund, dans la commune de Limete. Les images du saccage ont fait le tour des réseaux sociaux, donnant l’impression d’une expédition punitive de l’unité spéciale de protection présidentielle au domicile du premier vice-président de l’Assemblée nationale.

Le lendemain, d’autres militaires de la Garde républicaine ont investi la résidence de Kabund pour une expédition punitive. En son absence, l’intérieur de la villa a été saccagé et sa garde interpelée. Ces violences n’ont été commentées ni par le parti présidentiel, ni par l’Assemblée nationale.

Dans l’entourage de Félix Tshisekedi, certaines sources parlent d’une goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Jean-Marc Kabund a été le plus grand absent de la récente tournée du président dans la région du Kasaï.

« Il est insupportable dans les relations humaines ». Un autre conseiller du président de la République ajoute: « Ce n’est pas la première fois que l’homme est rappelé à l’ordre. Plusieurs fois, lui et ses hommes ont crevé les pneus des usagers de la route à Kinshasa. Même la famille présidentielle », explique un proche de Félix Tshisekedi.

Et d’ajouter: « Ça fait quand même un bon bout de temps qu’il n’a pas échangé avec le chef de l’ État ». 

Dans son tweet, Jean-Marc Kabund n’évoque pas les causes de sa démission. Mais, celle-ci intervient deux jours après les incidents ayant opposé sa garde reprochée à un élément de la Garde républicaine (GR). 

Retour aux commandes

Le député national Kabund avait été élu le 3 février 2021, premier vice-président de l’Assemblée nationale. Il retrouvait ainsi un poste qu’il occupait déjà au début de la législature, avant d’être évincé par une pétition initiée par le député Jean-Jacques Mamba. 

Ce dernier lui reprochait le militantisme et le discrédit lancé sur la chambre basse du Parlement après avoir allégué que l’organisation d’un Congrès coûtait 7 millions USD. Jean-Jacques Mamba avait alors adressé des correspondances à Kabund pour lui demander de fournir des éléments et le budget d’un Congrès. Après trois lettres sans réponse, le député MLC avait alors amorcé une procédure qui avait abouti à la destitution de Jean-Marc Kabund.

(Bakolokongo avec Agences)