L’Uruguay choisit un successeur à « Pepe » Mujica, la gauche favorite

L’Uruguay choisit un successeur à « Pepe » Mujica, la gauche favorite

uruguay-0Les électeurs uruguayens choisissaient dimanche un successeur à leur atypique président José Mujica, au deuxième tour d’une présidentielle dont le candidat de gauche Tabaré Vazquez, lui-même ancien président, est le grand favori.

Les quelque 7.000 bureaux de vote, ouverts à 08H00 locales (10H00 GMT), devaient fermer à 19H30 (21H30 GMT), avec la possibilité d’une heure supplémentaire en cas d’affluence. Les résultats sont attendus lundi matin.

Dans ce pays de 3,3 millions d’habitants où le vote est obligatoire sous peine d’amende, 2,6 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, cinq semaines après le premier tour qui était associé à un scrutin législatif.

Déjà assurée de garder sa majorité parlementaire, la coalition de gauche du Frente Amplio (FA) s’achemine vers un troisième mandat consécutif, après ceux de Tabaré Vazquez (2005-2010) puis de José Mujica, dit « Pepe », devenu célèbre dans le monde entier pour son franc-parler et son mode de vie humble.

Tabaré Vazquez a été parmi les premiers à voter dimanche peu après 08H00 dans le quartier populaire de La Teja, dans l’ouest de Montevideo.

« Je ne veux pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué », a-t-il déclaré aux journalistes. En cas de victoire, l’ancien président a promis d’organiser « une grande rencontre nationale sur les thèmes qui importent le plus aux Uruguayens comme l’économie, le social, la politique, pour que nous tous dessinions l’Uruguay du futur ».

Au premier tour le 26 octobre, ce cancérologue de 74 ans, qui n’a jamais cessé d’exercer quand il dirigeait le pays, a recueilli 47,8% des suffrages, loin devant son opposant de centre-droit, le jeune député de 41 ans Luis Lacalle Pou (30,9%).

Ce dernier devrait bénéficier du report des voix de Pedro Bordaberry, l’autre candidat de droite, mais celui-ci n’a obtenu qu’un modeste score (12,9%).

Les derniers sondages accordent à Tabaré Vazquez 52 à 55% des intentions de vote contre 37 à 41% pour Luis Lacalle Pou, candidat du Parti national.

Fils d’un ancien président, Luis Lacalle Pou, qui a joué sur son image jeune et dynamique, devait voter à la mi-journée à Canelones (centre-sud). « C’est difficile mais pas impossible », a-t-il assuré pendant la campagne.

Bonne santé économique

Les analystes sont pourtant catégoriques.

« Les résultats d’octobre ont laissé (aux partis d’opposition) très peu de possibilités, elles sont presque inexistantes », assure à l’AFP Rafael Piñeiro, docteur en Sciences politiques et professeur à l’Université catholique d’Uruguay.

Si Tabaré Vazquez est élu, il aura la lourde tâche de succéder, avec un style plus classique, au truculent José Mujica, dit « Pepe », qui continuera d’utiliser sa vieille Coccinelle Volkswagen, emblème de son mode de vie modeste, mais comme sénateur.

« Pepe » Mujica s’est fait connaître dans le monde entier par ses discours virulents, notamment devant les Nations unies, pour dénoncer la société de consommation.

Sous son mandat ont été adoptées des lois très progressistes pour l’Amérique latine comme la légalisation de l’avortement, du mariage homosexuel et du cannabis.

Son départ intervient dans un contexte de bonne santé économique de l’Uruguay contrastant avec la récession qui frappe ses deux grands voisins Brésil et Argentine.

Les près de 10 ans de gouvernement du Frente Amplio « ont été une décennie gagnante, avec une croissance annuelle de 5% en moyenne », soulignait récemment Tabaré Vazquez.

Après la crise financière de 2002, le pays a été un des rares dans la région à échapper à la récession en 2009.

Tabaré Vasquez s’est engagé à porter « une attention particulière » à l’éducation, aux infrastructures et la sécurité, trois thèmes-clés de la campagne, dans ce pays parmi les plus riches et sûrs d’Amérique latine.

Mais il lui faudra appliquer une certaine rigueur en matière économique, alors que la croissance moyenne de la région devrait selon le Fonds monétaire international (FMI) ralentir à 1,3% en 2014, son taux le plus faible depuis 2009.

Afp