Gabon: polémique autour de l’état de santé du président Ali Bongo hospitalisé à Riyad

Gabon: polémique autour de l’état de santé du président Ali Bongo hospitalisé à Riyad

Les rumeurs les plus folles courent sur l’état de santé du président Ali Bongo Ondimba alors que la question de la vacance du pouvoir commence à hanter les esprits.

Comment va Ali Bongo Ondimba ? Les questions sur l’état de santé de leur président agitent les Gabonais depuis près de deux semaines. Dans ce petit Etat pétrolier d’Afrique centrale, ceux qui savent en disent le moins possible, observent une omerta de circonstance, pendant que tous les autres spéculent. La question est sur toutes les lèvres depuis l’hospitalisation du président gabonais le 24 octobre dernier, au King Faisal, en Arabie saoudite. Les premières nouvelles se voulaient plutôt rassurantes : le président « n’avait rien de sérieux », avait affirmé à l’AFP la présidence du pays, et il avait même reçu la visite du prince Mohammed Ben Salmane. Mais depuis l’allocution télévisée de son porte-parole, Ike Ngouoni le 28 octobre, silence radio.

Officiellement, Ali Bongo, 59 ans, a été victime qui d’un « malaise », qui d’une « fatigue sévère due à une très forte activité ces derniers mois ». Ce qui l’a empêché d’honorer l’invitation qui lui avait été faite pour le Forum économique Future Investment Initiative (FII) à Riyad, de même qu’aux commémorations de l’armistice du 11 novembre à Paris où il était également attendu.
Cependant, selon plusieurs sources dignes de foi, Ali Bongo, 59 ans, a subi un accident vasculaire cérébral (AVC) peu de temps après son arrivée à Riyad, le mercredi 24 octobre. Quelle en est la gravité ? Quelles en seront les éventuelles séquelles ? Il est encore trop tôt pour le dire. « Il a été opéré pour nettoyer le saignement et maintenu en coma artificiel. Pour l’instant, on attend », relate, sous couvert d’anonymat, une personnalité familière du Palais du bord de mer à Libreville.

Ali Bongo serait mort (sur Twitter)

Depuis quelques jours, et face à l’opacité de l’information des autorités restées à Libreville, les rumeurs sur son état de santé et sur l’origine de ce silence vont bon train. La plus relayée, celle d’un accident vasculaire cérébrale (AVC), a d’ailleurs été affirmée par l’agence de presse Reuters. Pour La Lettre du continent, il s’agit plutôt d’un œdème cérébral. Une information parmi une multitude d’autres pistes, pour certaines farfelues, relayées sur les réseaux sociaux. Parmi elles, une photo soi-disant d’Ali Bongo sur une table d’opération, et même une vidéo, montage grossier, annonçant sa mort circulent et alimentent les polémiques.

Photo de profil Twitter de Sylvia Bongo Ondimba. © Capture d’écran/Twitter

Une effervescence macabre qui a pris de l’ampleur quand Sylvia Bongo a changé sa photo de profil de son compte Twitter pour un cliché d’elle et de son mari en noir et blanc. Une colorimétrie symbole, pour certains, d’un deuil caché. Jeudi, la première dame a également diffusé une photo où seule est visible la main du président. Un cliché perçu comme énigmatique qui a affolé la Toile, déjà bien électrisée.

Twitter
Sylvia Bongo Ondimba
✔@Sylviabongo
Un grand merci pour vos nombreuses prières et messages de soutien. Le Président Ali bongo Ondimba et moi-même sommes particulièrement touchés par toutes ces marques d’affection.

Qui pour diriger le pays ?

Quoi qu’il en soit, la situation donne l’impression d’une certaine vacance, non pas juridique mais virtuelle, du pouvoir gabonais. Cela est d’autant plus gênant qu’avec les élections locales organisées les 6 et 27 octobre dernier, logiquement, la dissolution de l’Assemblée nationale devrait être à l’ordre du jour. Le Sénat doit également être renouvelé avec les conseillers municipaux fraîchement élus, une fois les derniers résultats officiels proclamés. Si la situation perdure, la Cour constitutionnelle sera en droit de décréter officiellement la vacance du pouvoir.

Un casse-tête en préparation ?

Sa présidente Marie-Madeleine Mborantsuo devra alors faire valoir l’article 13 de la Constitution qui fera de la présidente du Sénat le chef de l’État par intérim. Aucune contrainte de temps n’est cependant inscrite dans la loi à la prise d’une telle décision. La présidente de la Cour, qui aurait été la maîtresse du président (deux enfants seraient nés de cette liaison), pourrait tout à fait laisser la situation perdurer. Lucie Milebou-Aubusson, présidente du Sénat et belle-mère du fils de l’opposant Jean Ping, n’est donc pas du tout assurée de prendre provisoirement la tête du pays. De quoi laisser vide le fauteuil du bureau du palais du bord de mer à Libreville… en attendant le prochain épisode.

(Avec Le Point)