Élections en RDC: la Cenco et l’ECC compilent les résultats en parallèle de la Céni

Élections en RDC: la Cenco et l’ECC compilent les résultats en parallèle de la Céni

La publication des résultats des élections générales, présidentielle, législatives et locales en République démocratique du Congo, se poursuit. Parallèlement à cette publication de la Céni, la société civile et notamment la mission d’observation des églises catholiques et protestantes (Cenco-ECC) a mis en place un système de dépouillement parallèle.

Dans l’un des quatre sites du centre d’observation des élections de la Cenco-ECC, une soixantaine de personnes s’affairent. Elles reçoivent les rapports des 25 000 observateurs déployés dans les 75 000 bureaux de vote sur l’ensemble du territoire et des 11 000 observateurs dits citoyens – n’ayant pas besoin d’accréditations – et dont la mission étaient de prendre en photo les PV affichés à l’extérieur des bureaux de vote.

Ces rapports et PV ont été envoyés via une Application ou SMS au centre d’observation. Là, les informations transmises, sont vérifiés et validés.

Une tabulation parallèle à celle de la Commission électorale nationale indépendante. Selon les responsables de la mission œcuménique, il s’agit de comparer les résultats photographiés dans chaque circonscription à ceux affichés sur le site de la Céni. Leur publication étant désormais obligatoire et vérifier si les résultats annoncés par la Ceni sont conformes aux choix des électeurs.

L’objectif est d’éviter le scénario de 2018 où les chiffres de la Céni avaient été contestés par l’opposition qui n’avait pas pu apporter de preuves suffisantes.

Près de 44 millions d’électeurs, sur environ 100 millions d’habitants de l’immense pays d’Afrique centrale, étaient appelés à élire mercredi leur président, leurs députés nationaux et provinciaux et leurs conseillers communaux.

Le président sortant, Félix Tshisekedi, brigue un second mandat face à 18 autres candidats, dont plusieurs poids-lourds de l’opposition qui avaient dénoncé dès mercredi le « chaos » entourant le vote. Parmi les adversaires de Félix Tshisekedi figurent Moïse Katumbi, ancien gouverneur de la région minière du Katanga (sud-est), Martin Fayulu, qui affirme que la victoire lui a été volée à l’élection de 2018, ou encore Denis Mukwege, prix Nobel de la paix pour son action auprès des femmes victimes de viols de guerre.

Tension et appels à la « retenue

Dans une lettre rendue publique samedi, cinq opposants candidats, dont MM. Fayulu et Mukwege, informent le gouverneur de Kinshasa de leur intention d’organiser une marche mercredi prochain. « Nous protesterons contre les irrégularités constatées lors des opérations de vote », écrivent-ils, en qualifiant le scrutin de « simulacre d’élections ».

« Tandis que le décompte des voix se poursuit, nous appelons toutes les parties prenantes (…) à continuer de faire preuve de retenue », ont écrit dans une déclaration conjointe les ambassades de 12 pays d’Europe et celle du Canada. Vendredi soir, sur X (ex-Twitter), celle des États-Unis avait elle aussi « exhorté tous les dirigeants politiques à continuer de faire preuve de retenue et à résoudre les différends de manière pacifique ».

Face aux multiples problèmes logistiques, qui ont empêché de nombreux bureaux d’ouvrir comme prévu, le scrutin a été prolongé par la commission électorale (Céni).

Officiellement, il est terminé depuis jeudi soir mais, selon des sources locales, il s’est poursuivi dans des zones reculées de plusieurs provinces.

Par exemple, dans le territoire de Lubero de la province du Nord-Kivu (est), le matériel électoral est arrivé samedi par hélicoptère dans le village de Mabuo, pour être ensuite acheminé à pied dans quatre autres localités (Engobo, Lenda, Bududia, Isange), a déclaré à l’AFP Macaire Kambau Sivikunula, chef de secteur de Bapere, qui regroupe ces localités.

En raison d’une « dérogation spéciale » de la Céni, « le vote aura lieu demain (dimanche) sur ces cinq sites », a-t-il ajouté.

Parmi les missions d’observation, celle de l’Union africaine a estimé que les élections s’étaient « déroulées dans une atmosphère relativement calme avec des défis logistiques majeurs ». L’ONG américaine Centre Carter a pointé de « graves irrégularités » dans quelques bureaux.

Samedi, la mission « Regard citoyen » a dit avoir constaté dans 21% des bureaux observés par ses équipes que « l’entrée avait été refusée à certains électeurs sans base légale ». A l’inverse, dans 13% des bureaux observés, des personnes sans carte et non inscrites sur la liste « ont été autorisées à voter ».

Les autorités et la Céni affirment de leur côté que le vote n’a pas été « chaotique ».

« Le défi de la tenue des élections au 20 décembre a été relevé, malgré les difficultés inhérentes à un processus complexe qui implique des millions de votants et plus de 100.000 candidats », a souligné le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya. « Désormais dans la sérénité nous attendons les résultats », a-t-il ajouté sur X.

« Si certains voient un verre à moitié vide, nous, nous voyons un verre aux trois quarts plein », a déclaré vendredi soir Denis Kadima, président de la Céni, juste avant l’annonce de tout premiers résultats.

La Céni a commencé par les Congolais de la diaspora qui, pour la première fois, ont pu voter dans cinq pays tests. Au vu du nombre d’inscrits, qui représentent 0,03% du total, ces résultats ne sont pas significatifs. Mais le score de quelque 80% des voix qu’y a réalisé Félix Tshisekedi a néanmoins été célébré dans certaines régions qui lui sont acquises.

La diffusion de résultats doit se poursuivre samedi.

(Avec Agences)