« Tentative de coup d’État » déjouée en RDC: plus de questions que de réponses, de multiples zones d’ombre!

« Tentative de coup d’État » déjouée en RDC: plus de questions que de réponses, de multiples zones d’ombre!

Des hommes armés s’en sont pris à des symboles forts du pouvoir congolais : la résidence de Vital Kamerhe qui doit présider l’Assemblée nationale et le Palais de la Nation à Kinshasa. Mais au lendemain de la « tentative de coup d’État » que l’armée de la République démocratique du Congo dit avoir déjouée à Kinshasa est entourée de multiples zones d’ombre. Les habitants de Kinshasa s’interrogent: Quelles étaient les intentions des présumés putschistes ? Comment ont-ils pu accéder si facilement au palais de la Nation ? Pourquoi ont-ils attaqué le domicile d’un ministre? Puis investi le palais de la Nation, un bâtiment vide la nuit, plutôt que la télévision nationale par exemple? Y’a-t-il eu des complicités, en plus d’une défaillance des services de renseignement? Que voulaient ces hommes exactement, cinq mois après la réélection du président Félix Tshisekedi, à la tête depuis 2019 de ce vaste pays d’Afrique centrale, au sous-sol très riche mais à la population majoritairement pauvre?

Les condamnations nationales comme internationales sont nombreuses au lendemain d’une attaque présentée par l’armée comme une tentative de coup d’État, mais encore entourée de zones d’ombre. En effet, tôt dans la matinée de dimanche, les militaires congolais ont neutralisé des hommes armés qui s’en étaient pris à la résidence du vice-Premier ministre et ministre de l’Économie, Vital Kamerhe, du côté de la commune de la Gombe puis au Palais de la Nation à Kinshasa, la capitale du pays. Deux symboles forts du pouvoir congolais, puisque Vital Kamerhe doit prochainement devenir la deuxième personnalité de l’État, et le Palais de la Nation, soit les bureaux officiels du président de la République.

Que sait-on des assaillants ?

Si le calme était aussitôt revenu dans la matinée de dimanche, de nombreuses questions subsistent encore notamment sur l’identité ainsi que sur les motivations réelles de ces hommes armés. Le porte-parole de l’armée a affirmé qu’il s’agissait d’une tentative de coup d’État. À l’heure du bilan, le porte-parole de l’armée, le général Sylvain Ekenge, a déclaré que les auteurs de ce « coup d’État étouffé dans l’œuf » étaient une cinquantaine au total, dont plusieurs Américains – Malanga, son fils et « deux Blancs » – et un Congolais « naturalisé britannique ». Environ 40 ont été arrêtés et au moins quatre des assaillants ont été tués, dont celui qui semble être le leader de ce groupe, Christian Malanga, un « Congolais naturalisé américain » selon les autorités. Sur des vidéos tournées et diffusées sur les réseaux sociaux, les assaillants posaient devant un drapeau du Zaïre, nom de la RDC du temps de Mobutu Sese Seko, le dictateur renversé en 1997. « Vive le Zaïre, vive les enfants de Mobutu », peut-on entendre dans l’une des vidéos. Des propos lancés par Christian Malanga, un ancien militaire de 41 ans qui serait désormais dans les affaires et la politique. Connu également pour être le fondateur d’un petit parti de la diaspora, ce dernier prônait l’avènement d’un nouveau Zaïre.

Plusieurs Zones d’ombre

Des informations officielles qui interrogent ce lundi. La question de la facilité avec laquelle les hommes armés ont pu accéder au Palais de la Nation, au cœur du pouvoir, revient dans les discussions et les médias. Des interrogations demeurent également sur la véritable cible de cette attaque. Pourquoi le domicile de Vital Kamerhe a-t-il été attaqué ? Y a-t-il eu défaillance des services de renseignements ? Que voulaient ces hommes, cinq mois après la réélection du président Félix Tshisekedi, à la tête de ce vaste pays au sous-sol immensément riche ?

Il faut savoir que Vital Kamerhe, ancien directeur de cabinet du président, a été désigné fin avril par l’Union sacrée de la nation, la majorité parlementaire en RDC, pour devenir président de l’Assemblée nationale. En principe, c’est samedi, qu’il devait devenir la deuxième personnalité de l’État. Mais l’élection du bureau qui devait avoir lieu samedi a été encore une fois repoussée. Le président congolais Félix Tshisekedi s’est adressé il y a quelques jours aux députés de sa famille politique l’UDPS, son parti, mais aussi ceux des alliés afin d’appeler à une discipline rigoureuse au sein de la majorité et de donner des orientations claires concernant l’élection des membres du bureau de l’Assemblée nationale.

Depuis la réélection du président Félix Tshisekedi, en janvier dernier, pour un deuxième mandat, le pays est dans l’attente d’un gouvernement. Sur le plan sécuritaire, le géant d’Afrique centrale est confronté dans plusieurs régions à une grave crise, une rébellion (le M23), soutenue par le Rwanda, occupant de vastes pans de la province du Nord-Kivu.

Au-delà des réactions des cheffes de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) et du président de la Commission de l’Union africaine, qui s’est félicité « de la maîtrise de la situation » par l’armée, l’ambassadrice en RDC des États-Unis dans un message sur X, a également condamné cette tentative de coup de force. « Je suis choquée par les événements de ce matin et très préoccupée par les rapports faisant état de citoyens américains prétendument impliqués. Soyez assurés que nous coopérerons avec les autorités de la RDC dans toute la mesure du possible alors qu’elles enquêtent sur ces actes criminels et tiennent pour responsables tout citoyen américain impliqué dans des actes criminels », a déclaré Lucy Tamlyn dans un communiqué.

(Avec Agences)