RDC: la résidence de Vital Kamerhe attaquée par des hommes armés, l’armée affirme avoir déjoué un coup d’État à Kinshasa

RDC: la résidence de Vital Kamerhe attaquée par des hommes armés, l’armée affirme avoir déjoué un coup d’État à Kinshasa

La résidence de Vital Kamerhe, vice-Premier ministre, ministre de l’Economie et candidat au poste du président de l’Assemblée nationale, dans la commune de la Gombe, a été attaquée vers 4h30, ce dimanche 19 mai, par un groupe d’hommes armés en tenue militaire. C’est ce que rapporte, sur son compte X, Michel Moto, porte-parole de Vital Kamerhe et député national de son parti (UNC). Ces hommes ont par la suite fait une incursion au Palais de la Nation, siège de la Présidence.

Selon des sources sécuritaires et des voisins, trois personnes, dont deux policiers, ont été tuées. Simultanément, un live diffusé sur la page Facebook de l’activiste de la diaspora Christian Malanga montre des hommes armés à l’intérieur du palais de la nation, le bureau du chef de l’État.

Le porte-parole de l’armée congolaise, le général de brigade Sylvain Ekenge, a annoncé, dans un bref message diffusé à la télévision publique, que les FARDC ont déjoué un coup d’Etat ce dimanche 19 mai. Des auteurs de cet acte sont arrêtés.

« Les FARDC portent à la connaissance de l’opinion qu’une tentative de coup d’État a été étouffée dans l’œuf par les forces de défense et de sécurité. Cette tentative a impliqué des étrangers et des Congolais. Ces étrangers et congolais ont été mis hors d’état de nuire, leur chef y compris », a annoncé le général de brigade Sylvain Ekenge.

L’armée rassure que la situation est sous contrôle et demande aux Kinois de vaquer librement à leurs occupations.

Retour sur la situation

Tôt ce matin, les habitants de la commune de la Gombe, cœur des institutions, sont réveillés par des coups de feu. La résidence de Vital Kamerhe, vice-Premier ministres et ministre de l’Économie, candidat au poste du président de l’Assemblée nationale, a été attaquée vers 4h30, ce dimanche 19 mai, par un groupe d’hommes armés en tenue militaire. Michel Moto, porte-parole de Vital Kamerhe et député national de son parti note que deux des policiers commis à sa garde, ainsi qu’un des assaillants ont perdu la vie.

Quelques heures après l’attaque, la Garde républicaine a interpellé  ce groupe d’assaillants, habillés en treillis avec des drapeaux du Zaïre. Ces assaillants ont affirmé, sur des vidéos partagées sur des réseaux sociaux, « vouloir changer des choses dans la gestion de la République ».

La Garde républicaine s’est déployée sur le boulevard Tshatshi. Des blindés ont pris position dans les environs du Palais de la Nation.

Un commando de Christian Malanga

Ces hommes, habillés en treillis et arborant des effigies et des drapeaux du Zaïre, l’ancien nom du pays, parlent en anglais, en lingala et en français. Ils affirment être de la diaspora et avoir amené leurs enfants. Dans la cour du palais, ils se filment en train de monter des drapeaux du Zaïre, et des vitres cassées ainsi que des véhicules endommagés sont visibles. Certains de ces hommes tirent des coups de feu tandis que d’autres prient dans la vidéo en direct. Ils déclarent lutter pour chasser Félix Tshisekedi du pouvoir et s’en prennent également verbalement à Vital Kamerhe. Parmi eux, certains portent des babouches tandis que d’autres sont bien équipés.

Un haut responsable politique a confié à ACTUALITE.CD que des arrestations ont été effectuées parmi les assaillants. Une réunion de sécurité est actuellement en cours, et une communication officielle est attendue dans les heures qui suivent.

Christian Malanga est bien connu dans les milieux de la diaspora installée aux USA pour ses prises de parole anti-pouvoir. Souvent en treillis, il se revendique d’un mouvement appelé « New Zaire » et d’un regroupement qu’il appelle United Congolese Party (UCP). Il se fait appeler commandant. Il partage souvent des photos de lui en tant que pilote d’aéronefs ou pendant des exercices de tir. Il publie également des vidéos de ses rencontres politiques, tant en Occident qu’en Afrique australe. À un moment, il a déclaré son intention de se présenter comme candidat à la présidence de la République. Il affirme être un ancien militaire congolais et est père de huit enfants.

Âgé de 41 ans, Christian Malanga a grandi dans la commune de Ngaba à Kinshasa. Il a ensuite été vu en Afrique du Sud puis au Swaziland avant de s’installer aux États-Unis. Il se présente aussi comme homme d’affaires.

(Bakolokongo avec Agences)