Révision de la Constitution: Kinshasa accuse l’Eglise d' »intolérance »

Révision de la Constitution: Kinshasa accuse l’Eglise d' »intolérance »

Cenco-eveques du congo democratiqueLe gouvernement de Kinshasa a accusé jeudi « d’intolérance » l’Eglise catholique congolaise qui avait implicitement reproché au pouvoir d’être derrière une agression contre des prêtres ayant lu un message s’opposant au maintien du président Joseph Kabila à son poste au-delà de 2016.

« Assimiler » une opinion contraire à la sienne à de la « manipulation est une déplorable attitude d’intolérance face à la critique », écrit le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, dans un communiqué répondant à une « mise au point » de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

Celle-ci avait accusé mercredi « certains politiciens » de manipuler des jeunes contre son message appelant les Congolais, et les fidèles catholiques en particulier, à s’opposer à toute modification de la Constitution qui permettrait à M. Kabila de rester au pouvoir au-delà de 2016.

La Cenco avait fait cette mise au point après l’agression dimanche de deux prêtres et d’une religieuse, battus à Lodja (à 1.100 km à l’est de Kinshasa, dans la province du Kasaï-Oriental) après la lecture du message de la Cenco pendant la messe.

Les médias officiels ont répété en boucle lundi et mardi que cette agression était le fait de « jeunes catholiques » de la majorité présidentielle révoltés contre la hiérarchie catholique. La Cenco dément formellement cette version des faits et affirme que les agresseurs étaient des jeunes gens extérieurs à l’Eglise.

Au pouvoir depuis 2001, M. Kabila doit, selon la Constitution, abandonner son poste au terme de son mandat, qui s’achève fin 2016.

L’Église catholique, dont les fidèles représentent 40% de la population congolaise, a été un des moteurs du processus de démocratisation du début de la décennie 1990 qui a mis fin à la dictature de Mobutu dans l’ex-Zaïre.

Début juillet, elle a demandé sans équivoque à M. Kabila de s’effacer à l’issue d’élections libres et démocratiques en 2016. Depuis lors les relations entre la Cenco et le gouvernement ne cessent de s’envenimer.

Afp