RDC/Exclusif: le Gouvernement de cohésion nationale, un non-événement, selon l’ARP

RDC/Exclusif: le Gouvernement de cohésion nationale, un non-événement, selon l’ARP

0000000aaaaakakaaPourquoi le gouvernement de cohésion nationale promis par Joseph Kabila traine-t-il en longueur de temps depuis la clôture des travaux des Concertations nationales, le 5 octobre 2013 à Kinshasa. ? Pour en savoir plus, maître Michel Kanama, expert et analyste politique, directeur de cabinet de l’ARP (Armée de Resistance Populaire) du général Faustin Munene s’est confié en exclusivité à CongoTribune.

Selon maître Michel Kanama, l’avènement d’un gouvernement de cohésion nationale en RDC reste une phase très délicate pour Joseph Kabila qui n’y parviendra jamais. Le gouvernement de cohésion nationale constitue un prétexte pour le pouvoir de Kinshasa qui voulait bien piéger les vraies composantes de l’opposition radicale politique et armée. Comment peut-on prêcher un gouvernement de cohésion nationale, entretemps on engage des manœuvres politiques pour falsifier la Constitution, défier l’opposition et la population ? C’est un non-événement a déclaré maître Michel Kanama.

Monsieur Michel Kanama relève les principaux facteurs du blocage du gouvernement de cohésion nationale en RDC qui embarrasseraient lourdement Joseph Kabila :

1.Les partisans des Concertations nationales qui espèrent, sont vraiment des naïfs politiques et dupes. Ils nient ou ignorent absolument les notions fondamentales de termes «Cohésion nationale». Ils croient que le fait d’avoir simplement participé aux fameuses concertations nationales suffit pour qu’un chef de l’Etat procède à la mise en œuvre d’un gouvernement dite de cohésion nationale. Il vaut de rappeler que ces Concertations nationales  qui étaient en contradiction avec l’Accord-Cadre d’Adis Abeba pour la paix ont été vivement dénoncées par la communauté internationale et rejetées par les principaux réels partis d’opposition politique et armée dont UDPS, UNC, ARP, etc…, affirme maitre Michel Kanama.

2.Les Concertations nationales ont été vivement dénoncées par la communauté internationale et rejetées par les principaux partis d’opposition du fait de son caractère nuisible qui portait atteinte à l’Accord-Cadre d’Adis Abeba et avaient dès lors perdu sa légitimité. Elles se sont tenues dans l’illégalité sans la participation de la vraie opposition politique et armée. Tous les participants à ces assises triés à la carte avaient tous un dénominateur commun :«Joseph Kabila président», ignorant l’obstacle à la paix et à la stabilité du pays, tous les méfaits de son régime pour espérer naïvement être incorporés dans la Majorité présidentielle dans leur cupidité.

3.Les Concertations nationales sont intervenues dans un contexte très complexe alors que l’Est de la RDC était déchirée par la guerre du M23 avec des négociations de Kampala entre le gouvernement de Kinshasa et ses frères rebelles du M23 qui se sont soldées par un résultat catastrophique, avec la défaite militaire cuisante du M23 face aux vaillantes FARDC.

Des Concertations nationales aux agends cachés

4. L’Initiateur(Joseph Kabila) et les partisans des concertations nationales avaient deux visions comparativement contradictoires : l’Initiateur avait un agenda caché. Il piégeait, visait et espérait rapprocher la vraie opposition politique et armée très hostile à son régime pour l’associer à la gestion publique afin de la neutraliser de l’intérieur. Ensuite la surprendre et l’étouffer de l’intérieur : absente au parlement et dans les institutions nationales qu’il a prises en otage, Joseph Kabila projetait la révision constitutionnelle qui devrait supprimer l’élection présidentielle au suffrage universel pour un scrutin au suffrage indirect pour se pérenniser au pouvoir. Malgré qu’il a échoué dans sa stratégie des concertations nationales, il a maintenu ses intensions.

5.Les partisans, quant à eux, n’avaient pas la même vision que leur initiateur. Eux visaient naïvement devenir de véritables interlocuteurs d’un futur gouvernement au terme des concertations nationales dans toutes ses formes. Ils ignoraient l’essentiel qui déstabilise le pays : les conflits armés, les violations permanentes de la constitution, les mascarades électorales de 2006 et 2011, les rebellions fomentées de toute pièce, les trafics illicites des minerais, les violations massives des droits de l’homme, les massacres de plus de 8.000.000 de congolais.

Ce n’est pas étonnant qu’ils soient surpris et expriment leur déception en réclamant un gouvernement d’après concertations nationales qui les avait motivés de participer.

Joseph Kabila premier obstacle

Quant à la possibilité de marge de manœuvre que peut disposer Joseph Kabila pour surmonter la pente, maître Michel Kanama est catégorique : «le gouvernement de cohésion nationale ne verra jamais le jour sous et avec Joseph Kabila». A moins qu’il procède comme de coutume à une mascarade en faisant un remaniement ministériel qui maintiendrait l’actuel premier ministre qu’il baptiserait abusivement « gouvernement de cohésion nationale» pour apaiser ses partisans.

Selon monsieur Michel Kanama, le « gouvernement de cohésion nationale» avec Joseph Kabila et dans sa logique d’associer le M23 qui n’est plus d’actualité, car vaincu par les FARDC, est impossible. Il suppose des préalables qui ne peuvent jamais réussir avec Joseph Kabila qui est en soi l’obstacle à la paix et la réconciliation nationale. Parmi les préalables, il convient de noter :

-le pouvoir en place, bien qu’imposteur, doit d’abord reconnaître l’opposition. Pourtant, le régime de Joseph Kabila ne reconnaît pas l’opposition et n’admet même pas la tolérance politique.

-l’acceptation et la participation des composantes de la vraie opposition politique et armée(UDPS, UNC, ARP), or toutes ces formations politiques très hostiles au régime intolérant de Kinshasa ont dénoncé et rejeté les concertations nationales que nous avons qualifiées des concertations de la Majorité présidentielle(PPRD et alliés, y compris le M23) pour harmoniser leurs vues.

-l’accord sur la personne du premier ministre qui doit provenir de la famille politique opposée au président de la République et les priorités gouvernementales à retenir, en l’occurrence l’organisation des élections. Quid du rôle obsolète que conserverait le parlement avec un sénat dont le mandat est illégalement dépassé !

-la crédibilité de celui qui préside au destin de la nation pour garantir un « gouvernement de cohésion nationale» en la personne de Joseph Kabila, avec tous ses caractéristiques d’un homme criminel, totalitaire, rancunier, coupable de trahison nationale, hypocrite, intolérant, imposteur de surcroit… qui envisagerait associer le M23 qui a été démantelé par notre armée nationale et n’est plus d’actualité. Pourtant Joseph Kabila et son PPRD ont des sérieux engagements secrets et dangereux avec le M23.

Ces facteurs de base posent sérieusement problème. Comment voulez-vous qu’un « gouvernement de cohésion nationale» puisse voir le jour sous Joseph Kabila dans ces conditions?

6.Joseph Kabila a toutes les raisons de trainer les pieds avec espoir qu’un matin l’opposition politique et armée épouserait son idée. Un rêve. Très embarrassé par cette démarche qui constituait son dernier recours de stratégie, il se rend bien compte que l’engagement de cette vraie opposition hostile et nuisible à son régime qui représente le vrai interlocuteur du dialogue pour un « gouvernement de cohésion nationale» demeure la seule condition fondamentale. Il réalise aussi bien cette question ne trouvera guère de solution et que, malgré tout, le reste ne l’intéresse pas. Joseph Kabila considère, malgré lui, que le gouvernement de cohésion nationale concerne exclusivement l’engagement de la vraie opposition politique et armée. Pourquoi alors et avec qui engagerait-il un gouvernement qui refléterait la cohésion nationale ?

Une loi d’amnistie-piège

Le gouvernement de cohésion nationale est un non-événement. Ce n’est pas par l’amnistie-piège que l’opposition responsable pour la cause nationale de la RDC va croire à Joseph Kabila pour céder à la naïveté. La tragedie congolaise de plus de huit millions de morts ne peut pas être reglée par des intrigues politiques qui font oublier les Nkunda Batuare, Bosco Ntanganda avec le CNDP et les criminels du M23, tous incorporés dans le PPRD.

Nous sommes un peuple avec bonne mémoire des événements tristes dans notre pays depuis l’indépendance, nous n’avons plus droit à l’erreur. Nos ancêtres ont payé de leur bonne foi et de leur sang, nous avons le noble devoir d’honorer leur mémoire, en faisant preuve de notre sens élevé de nationalisme et de maturité.

Quelle est cette loi d’amnistie qui impose un acte signé d’engagement aux victimes et aux innocents du régime de Joseph Kabila pour être libérés, alors que la plupart de détenus n’ont jamais été jugés ni condamnés ? En revanche serions-nous également dans le droit d’exiger au régime de Kinshasa de signer aussi un acte d’engagement solennel de renoncer aux faits qui lui sont reprochés qui ont obligé nos compatriotes de s’insurger ?

Sous Joseph Kabila, la République a perdu toutes les notions de l’Etat. Joseph kabila n’a aucun respect des des institutions de l’Etat et des valeurs démocratiques ni considération de personne. Un « gouvernement de cohésion nationale» ne pourrait intervenir que sans la personne de Joseph Kabila, conclut maître Michel Kanama.

 

*Michel Kanama, juriste, expert et analyste politique, est directeur de cabinet de l’ARP (Armée de Resistance Populaire) et porte-parole du général Faustin Munene.

Par Congotribune