Nouvelles révélations macabres: Jamal Khashoggi a été étranglé puis « démembré » au consulat saoudien

Nouvelles révélations macabres: Jamal Khashoggi a été étranglé puis « démembré » au consulat saoudien

Le procureur turc estime que le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, disparu il y a près d’un mois après une visite au consulat saoudien d’Istanbul, a été tué par « strangulation » dès son arrivée sur les lieux. Son corps aurait ensuite été « démembré ».

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué par strangulation dès son arrivée au consulat saoudien à Istanbul, son corps a ensuite été démembré, a déclaré mercredi le procureur turc Irfan Fidan. Il a souligné le caractère «prémédité» de ce meurtre.

Parallèlement, le parti au pouvoir en Turquie, l’AKP, a estimé que le meurtre n’aurait pu être mené sans instructions de «haut niveau» de Ryad. «Nous n’accusons personne mais nous ne tolérerons aucune opération de dissimulation et cela doit être clair», a ajouté un porte-parole.

Le bureau du procureur a en outre affirmé dans un communiqué que la visite à Istanbul du procureur général saoudien, dans le cadre de l’enquête, « n’a pas donné de résultat concret ». Quatre semaines après sa mort, les enquêteurs n’ont toujours pas retrouvé le corps de Jamal Khashoggi.

Le corps toujours introuvable

« Conformément à un plan prémédité, la victime Jamal Khashoggi a été étranglée à mort dès son entrée au consulat », poursuit le texte. « Son corps a été démembré et on s’en est débarrassé suite à sa mort par strangulation », ajoute-t-il.

Selon le texte, les autorités turques ont de nouveau demandé au procureur saoudien et à la délégation l’accompagnant l’extradition de 18 suspects arrêtés en Arabie saoudite dans le cadre de l’enquête sur la mort du journaliste, tué dans le consulat de son pays où il s’est rendu le 2 octobre pour des démarches administratives.

Elles ont également exigé de savoir où se trouvait le corps de Khashoggi, toujours pas retrouvé, et l’identité du « collaborateur local » qui se serait occupé du corps, selon la version initialement avancée par Riyad . Elles ont également cherché à savoir si des éléments confirmant le caractère prémédité du meurtre avaient été mis au jour par Riyad.

En guise de réponse, toujours selon le communiqué, le procureur d’Istanbul a été invité à se rendre en Arabie saoudite avec les éléments de l’enquête en sa possession. Le communiqué n’a pas précisé si le procureur turc entend donner suite à cette invitation.

Les contradictions de Riyad

Riyad a estimé que seule une enquête conjointe entre les deux pays pourra permettre de déterminer ce qu’il est advenu du corps de Khashoggi, et si son meurtre a été prémédité.

Sous la pression internationale, l’Arabie saoudite a fini par reconnaître le meurtre du journaliste dans son consulat – au cours d’une opération « non autorisée » – mais a avancé plusieurs versions contradictoires qui ont suscité le scepticisme.

Plusieurs responsables et médias turcs ont directement incriminé le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman, dit MBS, dans ce meurtre, alors que Riyad s’efforce de le dédouaner en insistant sur le caractère « non autorisé » de l’opération.

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué par strangulation dès son arrivée au consulat saoudien à Istanbul, a déclaré mercredi le procureur turc. Son corps a ensuite été démembré, a affirmé Irfan Fidan. Il a souligné le caractère «prémédité» de ce meurtre.

Parallèlement, le parti au pouvoir en Turquie, l’AKP, a estimé que le meurtre n’aurait pu être mené sans instructions de «haut niveau» de Ryad. «Nous n’accusons personne mais nous ne tolérerons aucune opération de dissimulation et cela doit être clair», a ajouté un porte-parole.

«Pas de résultat concret»

Expliquant que la visite à Istanbul du procureur général saoudien dans le cadre de l’enquête «n’a pas donné de résultat concret», le bureau du procureur d’Istanbul se dit dans un communiqué «obligé» de partager certains éléments révélés par son enquête. «Conformément à un plan prémédité, la victime Jamal Khashoggi a été étranglée à mort dès son entrée au consulat», poursuit le texte. «Le corps de la victime a été démembré et on s’en est débarrassé suite à sa mort par strangulation», ajoute-t-il.

De plus, selon le texte, les autorités turques ont de nouveau demandé au procureur saoudien et la délégation l’accompagnant l’extradition de 18 suspects arrêtés en Arabie saoudite dans le cadre de l’enquête sur la mort du journaliste. Il a été tué dans le consulat de son pays où il s’est rendu le 2 octobre pour des démarches administratives.

Erdogan accuse

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé vendredi que l’ordre de tuer le journaliste Jamal Khashoggi était venu des « plus hauts niveaux du gouvernement saoudien », mais il a également exonéré le roi Salmane de toute responsabilité, dans une tribune publiée dans le Washington Post. « Je voudrais souligner que la Turquie et l’Arabie saoudite entretiennent des relations amicales », poursuit Recep Tayyip Ergogan. « Je ne crois pas une seule seconde que le roi Salmane, le gardien des saintes mosquées, ait ordonné le coup contre Khashoggi », a-t-il ajouté.

« Nous savons que les auteurs (de l’assassinat) sont parmi les dix-huit suspects détenus par l’Arabie saoudite. Nous savons aussi que ces individus sont venus pour exécuter leurs ordres : tuer Khashoggi et partir. Finalement, nous savons que l’ordre de tuer Khashoggi est venu des plus hauts niveaux du gouvernement saoudien », a écrit le président turc dans sa tribune au Washington Post.

86 journalistes tués en 2018

Les dernières révélations macabres sur les circonstances du meurtre de Khashoggi coïncident avec la Journée internationale contre l’impunité pour les crimes contre les journalistes instaurée par l’Unesco et célébrée vendredi. Depuis 2006, l’agence de l’ONU a condamné les assassinats de 1 010 journalistes et professionnels des médias. Mais neuf cas sur dix n’ont jamais été portés devant la justice, selon un rapport publié jeudi. Entre le 1er janvier et la fin du mois d’octobre 2018, l’Unesco a recensé le meurtre de 86 journalistes.

(Bakolokongo avec Agences)