Libye: un rapport de l’ONU confirme le soutien des Emirats arabes unis aux forces du général Haftar

Libye: un rapport de l’ONU confirme le soutien des Emirats arabes unis aux forces du général Haftar

Un rapport de l’ONU accuse les Emirats arabes unis d’avoir enfreint l’embargo sur les armes imposé à la Libye. Les autorités émiraties auraient livré des hélicoptères de combats, un chasseur bombardier et des véhicules blindées aux forces de l’Armée nationale libyenne (ANL), autoproclamée du maréchal Khalifa Haftar entre 2014 et 2016.

Le rapport du panel des experts des Nations Unies sur la Libye confirme que les Emirats Arabes Unis ont offert un soutien logistique et technique au général Haftar, le grand maître de l’Est libyen, qui refuse toujours de reconnaître le gouvernement d’union nationale basé à Tripoli et soutenu par la communauté internationale. Ce rapport met dans l’embarras les autorités émiraties accusées de participer au chaos libyen.

« Les Emirats arabes unis ont fourni à la fois un soutien matériel et un soutien direct à l’ANL, ce qui a nettement augmenté son appui aérien« , indique le rapport élaboré par des experts de l’ONU et envoyé au Conseil de sécurité en mai.

« L’aide extérieure aux groupes armés, en matière de soutien direct, d’entraînement et d’assistance technique a également augmenté« , souligne le rapport.

De la Biélorussie à la Libye, en passant par les Emirats

Les experts onusiens ont pu remonter la piste de livraisons d’hélicoptères de combat fabriqués au Bélarus jusqu’aux Emirats arabes unis et ont présenté des photos montrant leur présence sur la base aérienne d’al-Khadim, dans l’est de la Libye, bastion de Haftar. Les experts cherchaient à confirmer des informations indiquant que les hélicoptères de combat Mi-24p avaient été livrés à l’ANL en avril 2015. Le Bélarus leur a confirmé que quatre hélicoptères avaient été vendus aux Emirats en 2014.

Les experts ont également déterminé que les Emirats avaient fourni au moins un appareil At-802i à l’ANL et ont confirmé que des véhicules blindés provenant de sociétés basées aux Emirats avaient été livrés à ces forces à Tobrouk, en avril 2016.

Ce transfert d’armement est une violation de l’embargo sur les armes sous lequel se trouve placée la Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Les experts onusiens ont réussi à prouver que les Emirats Arabes Unis avaient fourni des hélicoptères, des drones, des avions militaires et des véhicules blindés aux forces loyales au général Haftar et contribué à l’extension de la base aérienne d’Al Khadim entre 2014 et 2017.

Des moyens aériens qui auraient permis au général Haftar d’assoir son emprise sur l’est et le sud libyen au détriment du pouvoir de Tripoli.

Le soutien des Emirats n’est pas nouveau mais c’est la première fois que des preuves formelles sont apportées : les experts onusiens ont en effet remonté les numéros de série des appareils, achetés en Biélorussie pour le compte des Emirats Arabes Unis pour être finalement livrés en Libye.

Au mauvais moment

Les Emirats arabes unis n’ont pas donné suite aux demandes de clarifications présentées par les experts de l’ONU, selon le rapport. Les autorités d’Abu d’Dhabi ont refusé de s’expliquer. Mais ce rapport tombe au mauvais moment alors que les Emirats Arabes Unis et l’Arabie saoudite ont rompu les liens diplomatiques avec le Qatar qu’ils accusent de financer le terrorisme, notamment en Libye. Ce rapport prouve que les Emirats Arabes Unis jouent eux aussi un rôle déstabilisateur dans le pays.

Bakolokongo avec Agences