Felix Tshisekedi: «les Banyamulenge sont des congolais et ne peuvent rentrer au Rwanda»

Felix Tshisekedi: «les Banyamulenge sont des congolais et ne peuvent rentrer au Rwanda»

Le président Felix Tshisekedi séjourne à Londres depuis dimanche 19 janvier pour participer au Sommet Royaume-Uni-Afrique sur l’Investissement qui se tiendra du 20 au 21 Janvier. Dorénavant il a rencontré la diaspora congolaise dimanche 19 janvier dans l’après-midi où il s’est exprimé en lingala sur un ton offensif. Parlant des Banyamulenge, Felix Tshisekedi a déclaré que «Les Banyamulenge sont des congolais, ils sont restés de génération en génération en RDC». Il s’est exprimé aussi sur la thématique de la Balkanisation, de la dissolution du parlement et l’alliance politique FCC-CACH nouée avec le camp de son prédécesseur, Joseph Kabila, qui détient la majorité parlementaire à l’Assemblée nationale. Il a sévèrement mis en garde ses alliés du FCC.

S’exprimant devant la diaspora congolaise du Royaume Uni à Londres dimanche 19 janvier 2020, le président de la République démocratique du Congo s’est prononcé au sujet de Banyamulenge. Félix Tshisekedi a déclaré par ignorance ou à dessein que «les Banyamulenge sont des congolais, ils sont restés des générations en générations en RDC. C’est comme vous qui avez acquis la nationalité ici. Il est anormal qu’on ne vous considère. J’ai parlé au Banyamulenge, je leur ai demandé de démontrer qu’ils sont Congolais à travers les actes», a-t-il déclaré.

Cette déclaration de Félix Tshisekedi a suscité une vive protestation de l’assemblée dans la salle et provoqué un tollé des réactions dans les milieux politiques, médias et réseaux sociaux, alors que les congolais considèrent que les Banyamulenge [une appellation n’existant pas dans le mosaïque socioculturel congolais] qui massacrent leurs frères dans l’est du pays sont indiscutablement d’origines rwandaises et indésirables en RDC.

La balkanisation, une thèse des sorciers

Félix Tshisekedi s’est exprimé également au sujet de la thématique de la balkanisation du pays. Contrairement à Martin Fayulu et au Cardinal Fridolin Ambongo qui confirment le plan de balkanisation de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi a catégoriquement rejeté cette thèse qui, dit-il, ne tient pas debout. Selon lui, la balkanisation c’est des histoires de ceux qui manquent à dire; c’est une thèse qui vient des ennemis et des sorciers qui veulent détruire le pays.

« L’histoire de la balkanisation vient d’où? Qui vous a menti? Ne les écoutez pas. Ces propos viennent des ennemis, des sorciers qui veulent détruire notre pays »,

« Tant que je serais président de la RDC, il n’y aura même un centimètre de notre pays qui sera arraché. C’est des histoires de ceux qui manquent à dire. Quand nous étions dans l’opposition, nous n’avons pas menti au peuple au sujet de la balkanisation », a-t-il dit devant la communauté congolaise de Londres.

Sévère mise en garde à ses alliés du FCC

Le président Félix Tshisekedi a aussi mis en garde ses alliés du Front commun pour le Congo (FCC) et certains membres de son gouvernement contre toute tentative de nuisance à ses actions. Il a déclaré que certains ministres, dont il n’a pas révélé le camp, disent subir des pressions en vue de nuire à ses actions pour le développement du pays. Pour lui, ceux qui tenteront de le faire seront virés.

« Certains Ministres me disent qu’ils subissent des pressions pour nuire à mes actions. Je ne suis pas au pouvoir par la volonté de quelqu’un. Ceux qui se mettront sur ma route pour combattre mes actions, leur sort c’est stylo rouge. Peu importe leur camp politique »;

Il s’est adressé particulièrement aux membres du gouvernement par un avertissement sévère.

« Tout celui qui se lèvera contre moi, surtout s’il est un ministre que j’ai nommé, son nom sera stylo rouge. Chaque fois que je préside le Conseil des ministres, j’insiste sur  la nécessité d’être dans l’unité », a prévenu Félix Tshisekedi.

Cette déclaration intervient alors que des langues ne cessent de dénoncer une difficile cohabitation au sein de la coalition FCC-CACH au pouvoir en République Démocratique du Congo (RDC) depuis le 24 janvier 2019.

Certains représentants du FCC, la plate-forme de l’ancien président Joseph Kabila seraient préoccupés par leur souci de revenir au pouvoir, alors que ceux du CACH voudraient capitaliser tout probable succès du président Félix Tshisekedi pour leur maintien au pouvoir en 2023.

« C’est vrai que dans notre famille du Congo tout le monde n’est pas de bonne foi. Dans la coalition, tout le monde n’est pas sincère. Tout le monde ne veut pas la victoire du peuple. C’est vrai. Je peux vous dire que je suis arrivé au pouvoir par la volonté de Dieu et du peuple et non pas par la volonté d’un homme. Ma mission est d’abord de servir mon peuple », a-t-il déclaré.

Pressions et démissions des ministres

Felix Tshisekedi a aussi révélé qu’il est au courant des pressions que subissent certains ministres pour ne pas obtempérer à ses ordres et bloquer ses actions; aussi des lettres de démission qu’on a fait signer déjà à certains ministres sans préciser par qui et pourquoi.

« Je sais que vous avez déjà des lettres de démission, ici, je vous dis que nous venons travailler pour le peuple. Jusqu’à présent, aucun ministre ne s’est levé contre mes décisions. Je sais parce qu’ils viennent me dire: président, certains d’entre nous subissent des pressions. Ils ne veulent pas que nous travaillons avec toi. Je leur ai dit que ce que j’ai prévu, c’est ce qui va se passer. J’ai un bilan à défendre à la fin de mon mandat. Ils commencent à murmurer et à nous prêter des intentions ».

Quelles sont ces intentions?

Menace de dissolution du Parlement 

Le président Felix Tshisekedi a menacé de dissoudre l’Assemblée nationale s’il se voit pousser vers une crise par ses partenaires du FCC qui murmurent et lui prêtent déjà les intentions de dissoudre le parlement. Le président congolais, Félix Tshisekedi, a menacé de « virer » des ministres, voire de dissoudre l’Assemblée nationale, si ses partenaires de la coalition fidèles à son prédécesseur Joseph Kabila sapaient les actions de son pouvoir.

« Certains commencent à me prêter des intentions que je n’ai pas. Ils disent qu’après une année, je vais dissoudre l’Assemblée nationale. Mais je leur dis : je ne peux pas dissoudre l’Assemblée nationale tant qu’il n’y a pas crise. Mais si je me rends compte que la mission pour laquelle je suis à la tête du pays d’être au service de mon peuple et que l’on commence à faire obstruction à cette mission, je serai contraint en fin de compte de prendre la décision de dissoudre l’Assemblée nationale. »

Selon RFI, le président Tshisekedi a connu des difficultés à voir ses décisions appliquer, comme les ordonnances nommant les nouveaux mandataires de la Gécamines et de la Société nationale des chemins de fer, décriés par le camp de son prédécesseur. De nombreuses nominations qui dit-on, font l’objet de négociations sont également attendues, comme quelque 40 ambassadeurs et les membres du bureau du Conseil supérieur de la magistrature.

(Bakolokongo)