Elections en RDC: l’Union européenne annule sa mission d’observation

Elections en RDC: l’Union européenne annule sa mission d’observation

L’Union européenne (UE) ne déploiera finalement pas ses observateurs en République démocratique du Congo (RDC) pour les élections générales qui doivent se tenir le 20 décembre. Le Service européen d’action extérieure (SEAE) l’a annoncé, mercredi 29 novembre au soir, dans un bref communiqué. A moins d’un mois du scrutin, Bruxelles avance des « contraintes techniques échappant à son contrôle » et étudie encore la possibilité de maintenir des experts à Kinshasa.

L’UE a annulé sa mission d’observation des élections en RDC pour « contraintes techniques », mais ce retrait illustre les difficultés entre Kinshasa et Bruxelles. La mission d’observation des élections de l’Union européenne en République démocratique du Congo n’aura donc même pas tenu un mois. Son annulation a surpris les analystes qui estimaient que sa présence pouvait aider à crédibiliser davantage ce scrutin.

Nabilla Masralli, porte-parole de l’UE en matière de politique sécuritaire et des affaires étrangères, revient sur les raisons qui ont poussé Bruxelles à annuler sa mission :

« Une liste détaillée des équipements nécessaires pour la Mission d’observation de l’UE et à importer, a été soumise aux autorités, il y a huit semaines. A ce jour, le matériel nécessaire (entre autre des téléphones satélitaires) n’a pas été autorisé à être utilisé par les observateurs. Nous avons donc dû annuler la mission d’observation électorale »

Les relations tendues entre Kinshasa et l’UE

L’UE limite son explication à « des contraintes techniques », mais les analystes congolais estiment que les relations tendues entre les deux parties ont joué un rôle dans cette décision.

« Les autorités congolaises se sont régulièrement plaintes du fait qu’il y avait une sorte de refus de la communauté internationale de dénoncer ouvertement et fermement le M23 et le rôle que le Rwanda jouerait dans l’insécurité dans l’est de la RDC », explique Nick Elebe, de l’organisation Open Society Initiative Selon lui, « cela suscite un climat assez tendu et de suspicion ».

Lors du vote, l’Union européenne n’aura donc plus que des experts électoraux à Kinshasa et Jean-Claude Mputu, un politologue congolais, estime que cette mission restreinte est désormais compromise. Il pense que « cela ne servira à rien d’observer l’élection à partir de Kinshasa, puisque Kinshasa n’est pas le Congo »

Du côté congolais, nous avons tenté de recueillir une réaction officielle. Christophe Lutundula, le ministre des Affaires étrangères, nous a renvoyé vers le communiqué du ministre de la Communication publié ce mercredi et qui prend acte de l’annulation de la mission européenne.

(Avec DW)