CENI: le choix de Malu Malu confirme l’agenda caché de Joseph Kabila pour un troisième mandat

L’opposition parlementaire conteste la nomination de l’abbé Apollinaire Malu Malu à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), qui aura pour tâche notamment de superviser l’élection présidentielle en 2014.

joseph kabila-rdcPour le député national Puela, ce choix atteste un agenda caché en faveur de la Majorité présidentielle, qui voudrait ouvrir la voie pour un troisième mandat à son candidat, Joseph Kabila, à la présidence de la République.

« Vous allez dire que Malu Malu, c’est la seule compétence qu’il y a dans la société civile, parce qu’il n’y a pas de personnes d’envergure ? Et lorsqu’on continue justement à tirer des ficelles et à placer des personnes de leur obédience, ça cache quoi ? On n’aime pas ce pays», a affirmé le député Puela.

« On reprend les mêmes, on recommence. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, donc, on veut encore que cette fois-ci, il y ait une plus grande tricherie. Donc, vaut mieux tard que jamais, il faut réveiller cette population pour s’opposer à un troisième mandat », a-t-il poursuivi.

Du coté de la Majorité présidentielle (MP), on estime que l’opposition n’a pas raison de contester la désignation de l’abbé Malu-Malu qui s’est effectuée dans la légalité

L’Assemblée nationale a publié vendredi 7 juin la liste des membres du bureau et de l’Assemblée plénière de la nouvelle Ceni.

Le président de la République doit encore officialiser le vote des parlementaires.

L’abbé Appolinaire Malu Malu Muholongu a déjà dirigé la Commission nationale indépendante de 2003 à 2011.

Le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku a affirmé que le choix des membres de la nouvelle Ceni avait tenu compte de l’équilibre dans la représentation provinciale par les différents groupes parlementaires.

Deux des six membres du bureau de la CENI sont des femmes.

Le vice-président: André Pungwe de la majorité présidentielle (PPRD)

Son rapporteur sera Jean Pierre Kalamba, dans l’opposition (UDPS).

La nouvelle loi modifiant la Ceni a été promulguée par le chef de l’Etat Joseph Kabila, le samedi 27 avril à Lumumbashi (Katanga).

la réforme de la CENI avait été boycottée par l’opposition

Les députés de l’opposition ont décidé de suspendre leur participation aux discussions sur la réforme de la commission électorale qui se tiennent à l’Assemblée nationale.

Le gouvernement congolais a adopté le projet de loi réformant la Commission électorale nationale indépendante, la CENI, il y a une semaine.

Le gouvernement propose d’augmenter de 7 à 11 le nombre des membres de la Commission et réserve deux sièges à la société civile.

Mais une vingtaine d’élus de l’opposition, se sont prononcés en faveur de la mise en place d’une commission électorale comportant deux organes et, au total, une trentaine de membres.

La CENI avait été très critiquée lors des présidentielle et législatives de novembre 2011.

Ce projet de loi en débat, est censée être une « réponse aux faiblesses et dysfonctionnements » de la CENI relevés par la CENI elle-même, par la classe politique lors des précédentes élections.

Tous avaient noté des irrégularités plus ou moins graves lors des scrutins.

Le principal parti d’opposition, l‘UDPS, avait rejeté le résultat des élections, mais la plupart de ses élus, une quarantaine sur 500 circonscriptions législatives ont décidé de siéger, provoquant leur « exclusion » du parti.

La réforme de la CENI aurait été une des conditions posées par la France pour la venue de François Hollande au sommet de la Francophonie à Kinshasa du 12 au 14 octobre.

Le président français avait affirmé en juillet que « les autorités de la RDC doivent démontrer leur réelle volonté de promouvoir la démocratie et l’Etat de droit ».

BBC