Afrique/Démocratie: sévère avertissement de François Hollande à Joseph Kabila et ses semblables

Afrique/Démocratie: sévère avertissement de François Hollande à Joseph Kabila et ses semblables

hollande-kabila-09A Dakar au sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie, le président français François Hollande a martelé son avertissement à Joseph Kabila et à ses semblables qui voudraient se maintenir au pouvoir à tout prix contre vents et marées, saluant au passage la transition en Tunisie et au Burkina Faso.

Le président François Hollande a martelé samedi son avertissement aux dirigeants qui voudraient se maintenir au pouvoir à tout prix, devant les chefs d’État et de gouvernement réunis à l’occasion du XVe sommet de la Francophonie à Dakar. Ce sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie s’est ouvert en présence d’une trentaine de dirigeants. Ils devront dénouer le casse-tête de la succession du Sénégalais Abdou Diouf, après plus d’une décennie à la tête de l’OIF, sur fond de péril du virus Ebola.

Il se déroule aussi dans un contexte marqué par des attentats en Afrique, a rappelé le président malien Ibrahim Boubacar Keïta. Au lendemain d’une nouvelle attaque attribuée au groupe islamiste Boko Haram au Nigeria, qui a fait plus de 120 morts, Hollande a appelé les dirigeants africains à « s’unir contre la barbarie ». « La Francophonie est soucieuse des règles en démocratie, de la liberté du vote, du respect des lois constitutionnelles et de l’aspiration des peuples, de tous les peuples à des élections libres », a assuré Hollande dans un discours, mentionnant la « leçon » de la transition tunisienne et « la belle démonstration » du peuple burkinabè.

Compaoré avait les faveurs de la France

« Cette transition doit servir de leçon, là où les règles constitutionnelles sont malmenées et où l’alternance est empêchée », a répété samedi le président français. Avant son départ pour Dakar, il avait déjà mis en garde les dirigeants voulant se maintenir au pouvoir contre vents et marées, comme le Burkinabè Blaise Compaoré, qui avait annoncé un projet de révision constitutionnelle pour pouvoir briguer un nouveau mandat après un règne de 27 ans.

Abdou Diouf a révélé la semaine dernière que Blaise Compaoré avait ses faveurs et celles de la France pour lui succéder à la tête de l’OIF, avant que le dirigeant burkinabè ne soit chassé par la rue fin octobre. Une source dans l’entourage de François Hollande a confirmé que le président français avait suggéré début octobre à Compaoré de postuler à la tête d’une organisation internationale, sans toutefois recevoir d’écho positif du Burkinabé. Ces révélations pèsent sur le choix du prochain secrétaire général, un poste pour lequel cinq candidats sont en lice : quatre Africains, dont l’un au passé de putschiste, et une Canadienne d’origine haïtienne. Le vainqueur doit être annoncé dimanche après des discussions à huis clos.