Affaire ambassadeur rwandais Vincent Karega en RDC: le président Tshisekedi tente, en vain, de calmer le jeu

Affaire ambassadeur rwandais Vincent Karega en RDC: le président Tshisekedi tente, en vain, de calmer le jeu

En République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi calme le jeu. Le chef d’Etat congolais s’est prononcé sur le cas Vincent Karega, l’ambassadeur rwandais accusé de négationnisme au sujet des massacres de Congolais à Kasika, dans le Sud-Kivu,en 1998; un massacre attribué par l’ONU aux rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et leurs alliés militaires rwandais. Vincent Karega avait relativisé la responsabilité des militaires rwandais et rejeté le contenu du rapport Mapping tel que publié par le Haut commissariat de l’ONU. Pas question d’expulser ce diplomate, a estimé le président devant des journalistes congolais basés à Bruxelles. Des propos qui suscitent une levée de boucliers à Kinshasa.

« Il ne sert à rien de créer un incident fâcheux », a déclaré le président. Félix Tshisekedi a affirmé que des démarches au niveau diplomatique ont été entreprises pour que Kigali recadre Vincent Karega. Les propos du président ont été fidèlement rapportés par la presse, affirme à RFI l’un de ses proches collaborateurs.

Pour la sénatrice pro-Kabila, Francine Muyumba, qui fulmine depuis plusieurs mois contre le « manque de retenue » des diplomates accrédités à Kinshasa, « on ne peut sacrifier l’honneur d’une nation pour satisfaire les intérêts des alliés ».  Egalement, présidente de la Commission des relations extérieures du Sénat congolais, Francine Muyumba avait estimé que Vincent Karega avait commis une « faute grave » qui « devrait être dénoncée clairement par les autorités congolaises ».

Le mouvement citoyen Lucha estime que le président Tshisekedi n’est pas courageux pour assumer une telle décision. Il accuse le chef de l’Etat de bafouer la dignité du peuple congolais.

Quand au mouvement Filimbi, dont Floribert Anzuluni est le coordinateur, il juge inacceptable la position du président et promet de poursuivre ses mobilisations. « La position du président de la République est difficile à comprendre et pas acceptable, d’autant plus qu’elle va à l’encontre de la volonté de la grande majorité des citoyens, nous expliqueFloribert Anzuluni. Qu’est-ce que le Rwanda aurait fait si un diplomate étranger tenait des propos similaires au Rwanda sur le génocide rwandais ? Nous allons poursuivre la campagne de mobilisation jusqu’à ce que le diplomate quitte la RDC, c’est vraiment une question de dignité ! »

Il n’y a pas que la société civile qui réclame l’expulsion du Vincent Karega. Des membres de l’opposition font partie du nombre. Les deux camps sont remontés, non seulement par l’absence de commémorations officielles, mais aussi par le manque de justice pour les 617 crimes répertoriés dans le rapport Mapping des Nations unies.

(Bakolokongo avec Rfi)