Vatican: Mgr Pietro Parolin, le numéro 2 du Vatican, relance la question du mariage des prêtres

L’interview accordée à un journal du Venezuela El Universal, par Mgr Pietro Parolin, nonce apostolique dans ce pays, avant son départ pour Rome où il va devenir le 15 octobre secrétaire d’État, donc bras droit du pape François, a relancé le débat sur le célibat sacerdotal dans l’Église catholique latine.Vatican's newly appointed Secretary of State Monsignor Pietro Parolin speaks during an interview in Caracas

En répondant à une question sur ce thème, ce haut prélat affirme que le célibat n’est pas «un dogme», que son principe «peut être discuté» et que «certaines modifications» peuvent être apportées. Il ajoute que c’est l’un des «défis» du pontificat mais que le Pape reste le garant de «l’unité de l’Église» et qu’aucune décision ne peut intervenir sans «tenir compte» des raisons pour lesquelles l’Église latine maintient cette discipline millénaire.

Pour sensationnelles qu’elles apparaissent, les déclarations de Mgr Parolin reflètent les propos les plus ordinaires circulant à tout moment et à tous les niveaux de l’Église catholique à ce sujet. Le célibat sacerdotal dans l’Église catholique n’est effectivement pas une question de doctrine. Des prêtres mariés existent dans les Églises catholiques orientales, au Liban en particulier mais aussi en République tchèque (l’Église a accepté des prêtres mariés sous le régime communiste) et dans le nouvel ordinariat créé par Benoît XVI qui accueillent des Anglicans dans l’Église catholique. C’est une question de «discipline» ecclésiastique, selon la terminologie en usage. Ce qui signifie qu’elle n’est pas coulée dans le marbre. Mais Mgr Parolin insiste beaucoup – ce qui n’a pas toujours été retenu par les agences de presse – pour rappeler que ce n’est pas «l’esprit du temps» qui décidera d’une évolution.

• Le pape François va-t-il suspendre le célibat sacerdotal?

Dans le livre-interview avec le rabbin Abraham Skorka, publié en 2010 en Argentine (et cette année chez Robert Laffont – Sur la terre comme au ciel), le cardinal Bergoglio, alors archevêque de Buenos Aires, livre précisément sa pensée sur le sujet. Pretres-ordination

Ce document est suffisamment récent pour être valide: «Pour l’instant, nous maintenons fermement la discipline du célibat. Certains, non sans pragmatisme, disent que cela nous fait perdre de la main-d’œuvre. Si, hypothétiquement, le catholicisme revenait sur la question du célibat, je crois que ce serait pour des raisons culturelles (comme en Orient), pas dans l’absolu. Pour l’instant, je suis favorable au maintien du célibat, avec ses avantages et ses inconvénients, parce que, sur dix siècles, on a eu plus d’expériences positives que de défaillances. Il se trouve que les scandales sont immédiatement visibles.

La tradition ne manque pas de poids, de validité. Les prêtres catholiques en sont venus à choisir le célibat de façon progressive. Jusqu’en 1100, certains optaient en ce sens, d’autres non. Les Églises orientales ont suivi la tradition du choix individuel, alors que l’Occident a fait le choix inverse. C’est une question de discipline, pas de foi. Cela peut changer.»

• Pourquoi ce débat est-il lancé maintenant?

Quatre facteurs expliquent ce débat qui a été abordé, sans aucun tabou et comme beaucoup d’autres, lors du préconclave de mars 2013 où les cardinaux dressaient un diagnostic de l’état de l’Église catholique pour définir, avant de l’élire, le portrait-robot du Pape. Le premier est la crise structurelle des vocations, hors Afrique et Asie. Elle touche à présent l’Italie ce qui a créé un traumatisme vraiment ressenti cette fois au Vatican.

La moindre quantité de candidats va toutefois de pair avec une hausse de leur qualité. Second facteur: les conséquences de la crise de la pédophilie des années 2000 d’une minorité de prêtres. Le célibat, en tant que tel, n’implique pas ce genre de comportements qui résulte d’un trouble profond de la personnalité. Mais l’ampleur du problème a conduit l’Église à revoir les conditions de l’équilibre humain de ses prêtres et à être plus sélective et exigeante pour l’admission des candidats au sacerdoce. Troisième facteur: l’abolition du célibat sacerdotal figure à l’agenda d’une vision progressiste de l’Église. Avec le pape François, cette tendance se sent, à tort ou à raison, le vent en poupe. D’où des pressions internes et externes à l’Église – les questions de l’interview l’attestent – pour faire avancer certains dossiers. Dernier point. Les paroles de Mgr Parolin, son profil, tout comme la mission qui l’attend s’inscrivent dans un contexte, un climat et une perspective de «réforme» qui agitent de façon assez inédite toute l’Église catholique ces derniers temps.

Le Figaro

Une petite phrase qui relance un vieux débat. Le nouveau numéro deux du Vatican, Pietro Parolin, a estimé dans un entretien à la presse que le célibat des prêtres « n’est pas un dogme » et constitue un précepte dont il est possible de « discuter ».

Selon les estimations, 100 000 prêtres vivent maritalement, dans la clandestinité. « Ils vivent en concubinage, de manière ponctuelle ou pérenne. En Amérique latine, c’est à peu près 55% à 60% du clergé qui vit de cette manière et en Afrique on est à 80% », souligne Christian Terras de la revue catholique progressiste Golias

La clandestinité a été le quotidien de Léon et Maria Laclau pendant vingt-deux ans. Ce curé d’un village des Pyrénées a été révoqué en 2007, dès la révélation de sa liaison avec une femme. Le couple est aujourd’hui marié. Interrogé par France 2, il accueille avec prudence la déclaration du nouveau numéro deux du Vatican. « Un pas en avant, c’est énorme. Mais ça ne se fera pas rapidement. L’Eglise ne fonctionne pas comme ça », prévient Léon. « Peut-être que le moment est venu pour ces prêtres-là de se lever et de le dire au grand jour », estime Maria, avant d’ajouter que « jusqu’à présent, personne ne peut parler ».

Témoignage sur la clandestinité de concubinage des prêtres[VIDEO], Cliquez sur l’image

    1. Francetv info ?- il y a 7 heures
      Ce prêtre a été révoqué en 2007, dès que sa liaison avec une femme a été révélée. « Ils vivent en concubinage, de manière ponctuelle ou pérenne. à 60% du clergé qui vit de cette manière et en Afrique on est à 80% »,