RDCongo: arrestation de 19 rebelles présumés en Afrique du Sud

 

rebelles presumesDix-neufs personnes originaires de République démocratique du Congo et présentées comme des rebelles présumés ont été arrêtées mardi dans le nord de l’Afrique du Sud, a annoncé un porte-parole de la police sud-africaine; une opération aussitôt saluée par les autorités de RDC.

Ils ont été arrêtés tôt ce matin (mardi) vers 05H00 (03H00 GMT) par des membres des forces spéciales sud-africaines, a précisé à l’AFP Lindela Masigo, un porte-parole de la police nationale sud-africaine. Ces arrestations surviennent après des mois de travail de renseignement, a-t-il ajouté.

Les suspects devaient être déférés devant la justice à Pretoria pour atteinte à la loi sur l’assistance militaire étrangère, selon la même source qui a refusé de livrer tout détail supplémentaire sur les faits reprochés. Prévue d’abord mardi, leur comparution a été reportée à une date ultérieure.

Les suspects ont été appréhendés par une unité d’élite de la police dans une zone isolée de la province du Limpopo, dans le nord du pays. Ils devront comparaître devant un tribunal jeudi pour atteinte aux lois sur l’assistance militaire étrangère et seront extradés vers leur pays après le procès, a précisé le porte-parole à l’AFP.

D’autres arrestations sont probables, mais aucun ressortissant sud-africain ne serait impliqué dans l’affaire, selon la même source.

L’agence radio Eyewitness News a précisé qu’ils avaient été arrêtés près de la frontière dans la province du Limpopo (nord).

La diaspora congolaise en Afrique du Sud est estimée à environ 300.000 ressortissants, dont beaucoup sont acquis à l’opposition au président Joseph Kabila. La plupart sont des citoyens ordinaires, mais les anciens responsables des Forces armées zaïroises, larmée régulière du président Mobutu Sese Seko avaient été nombreux à trouver refuge en Afrique du sud après leur défaite, en 1997, devant les rebelles de Laurent Désiré Kabila –le père de l’actuel chef de l’Etat, assassiné en 2001.

L’opposition congolaise en Afrique du Sud, comme en Europe, s’attache à rendre difficile le séjour des représentants officiels de la RDC.

Lors du séjour de représentants du gouvernement congolais à la Coupe d’Afrique des Nations, des opposant se présentant comme des combattants ont même frappé un député qui faisait partie de la délégation officielle, a-t-on appris auprès de l’un de ses membres.

Lors du premier match opposant les Léopards de RDC au Ghana le 24 janvier, la délégation officielle congolaise a préféré ne pas se rendre au stade en raison de ces menaces. Lors de la deuxième rencontre contre le Mali le 28, elle a dû être protégée par la police sud-africaine, a raconté ce témoin à l’AFP sous couvert d’anonymat.

Interrogé par l’AFP, M. Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais a dit qu’il avait été informé de l’arrestation de 19 comploteurs. Ils ont été arrêtés juste au moment où ils voulaient passer à l’acte, a-t-il dit.

Des contacts sont établis pour voir quelle sera la meilleure démarche: soit qu’ils soient jugés en Afrique du sud, soit qu’ils soient déférés devant la justice congolaise. Le ministère de la Justice y travaille et il nous proposera la meilleure procédure, a dit M. Mende.

Nous ne pouvons dire à ce stade s’ils sont liés aux M23 (le mouvement rebelle qui occupe une partie de l’est de la RDC), a dit M. Mende.

Nous sommes satisfaits par toute décision prise par l’Afrique du sud pour conforter la sécurité en Afrique. Pour nous, cela est un geste de solidarité dans la lutte contre la criminalité en Afrique, a affirmé le porte-parole congolais.

(AFP )