RDC – M23 : la guerre est déclarée entre pro-Nkunda et pro-Ntaganda après la destitution de Jean-Marie Runiga

bosco ntaganda et laurent nkundaLes combats font rage dans le Nord-Kivu. L’ONU fait état de 36 morts, dont dix civils, dans les affrontements qui ont éclaté entre différentes factions du M23 ce jeudi 28 février après la destitution, la veille, de Jean-Marie Runiga, le président de la branche politique du mouvement du 23 mars. Sur le terrain, la confusion est grande.

Des tirs ont été entendus en plusieurs endroits du Nord-Kivu, ce jeudi 28 février. Les deux factions rivales du M23 se seraient affrontées à Kimbuba, localité proche de Goma, où se trouverait actuellement le chef déchu du mouvement, Jean-Marie Runiga.

Ce dernier a fui Rutshuru, où il y a eu également des affrontements. Plusieurs sources affirment que Rutshuru serait tombée aux mains de miliciens FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) ou Maï-Maï Nyatura qui auraient profité de la discorde au sein du M23 pour agir.

 Les dirigeants du M23 restés fidèles au général Sultani Makenga se sont pour la plupart retirés à Bunagana, petite ville frontière avec l’Ouganda. Même s’il n’y a pas eu de combats à Bunagana, de nombreux habitants ont pris la fuite en passant la frontière ougandaise.

36 personnes tuées, dont 10 civils

Enfin, d’autres combats, qui n’ont à priori pas de rapports avec la discorde au M23, ont lieu à Kitchanga. Là, il s’agit d’affrontements entre miliciens de plusieurs groupes et les victimes sont, encore une fois, surtout des civils. Un notable de la région a fait état à RFI de trente morts à Kitchanga. Eduardo del Buey, porte-parole adjoint de l’ONU, a fait pour sa part état de trente-six personnes tuées, dont 10 sont des civils.

Ces combats interviennent au lendemain de l’annonce par le M23 de la destitution de Jean-Marie Runiga, président de la branche politique du mouvement, qui est accusé par ses anciens alliés de soutenir le général mutin Bosco Ntaganda.

Le général Sultani Makenga et Jean-Marie Runiga affirment, chacun de leur côté, avoir pour soi la légitimité et la supériorité militaire. Dans l’entourage de Makenga, on pense pouvoir tenir un congrès pour désigner un nouveau chef dès la semaine prochaine. Les délégués présents aux pourparlers de Kampala ont été priés de rentrer à Bunagana.

Cette nouvelle flambée de violence intervient quelques jours seulement après la signature d’un accord cadre destiné à ramener la paix dans l’est de la RDC, ce dimanche 24 février à Addis Abeba. Ce document, qui interdit notamment aux pays extérieurs de soutenir les mouvements rebelles, fait également une série de préconisations de réformes en vue de l’instauration d’un Etat de droit dans l’est du pays.

RFI