RDC : les négociations entre le gouvernement et le M23 commencent ce dimanche à Kampala

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et les rebelles du mouvement M23 vont entamer des discussions dimanche à Kampala afin de ramener la paix dans l’Est de la RDC, théâtre de nouveaux combats ces derniers mois, a annoncé samedi le porte-parole de la délégation des rebelles à l’AFP.

« Nous sommes ici (à Kampala) et demain (dimanche) nous allons rencontrer la délégation du gouvernement de RDC à 15H00 (12H00 GMT) », a affirmé ce porte-parole, Bertrand Bisimwa.

Ni le gouvernement ougandais ni la délégation du gouvernement de RDC n’ont pu être immédiatement contactés pour confirmer que cette rencontre était programmée dimanche après-midi.

Le gouvernement ougandais, qui assure une médiation entre gouvernement et rebelles en RDC, avait annoncé l’ouverture de ces discussions dès vendredi. Cette échéance n’avait cependant pu être tenue, la délégation du M23 n’étant arrivée, par route, que vendredi soir à Kampala.

Dialogue politique national

Les rebelles avaient lancé il y a huit mois une offensive qui leur avait permis de conquérir, le 20 novembre, la ville stratégique de Goma, capitale de la province du Nord Kivu (est de la RDC) aux immenses richesses minières, suscitant la crainte d’un nouveau conflit généralisé dans le pays.

Le M23 a finalement accepté de se retirer de Goma en contrepartie de négociations avec le régime du président congolais Joseph Kabila. Les rebelles, qui ont quitté Goma le 1er décembre, veulent à la fois négocier les conditions de leur réintégration dans les forces armées de RDC et obtenir l’ouverture d’un dialogue politique national dans le pays.

Les deux parties doivent dans un premier temps engager à Kampala des « discussions préliminaires » sur le format des négociations à mener ensuite sur le fond du conflit, selon le gouvernement ougandais.

Runiga absent

Le chef politique du M23, Jean-Marie Runiga, ne fait pas partie à ce stade de la délégation de son mouvement envoyée à Kampala, a indiqué à l’AFP un autre porte-parole des rebelles.

Une délégation représentant le gouvernement de RDC a pour sa part quitté dès mercredi Kinshasa pour Kampala, emmenée par le ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda.

Les quatre principaux groupes de l’opposition à l’Assemblée nationale congolaise ont de leur côté confirmé samedi leur refus de prendre part aux négociations de Kampala, arguant notamment du fait qu’ils n’y avaient été invités qu’en temps qu’observateurs.

le M23 veut remettre en cause la légitimité du pouvoir à Kinshasa

Le M23 entre dans cette négociation avec l’intention de remettre en cause la légitimité du pouvoir à Kinshasa. Le porte-parole du mouvement, Bertrand Bissimwa, affirme qu’il faudra trouver une formule, une transition plus ou moins longue vers de nouvelles élections : « Cela ne fait pas plaisir, comme chef d’Etat, de penser qu’on est légitime lorsqu’on s’est fait élire par la minorité des Congolais ».

Il estime nécessaire que les différentes composantes de l’opposition soient présentes pour en débattre : « Nous avons demandé qu’ils soient là, nous sommes en discussion avec la facilitation pour qu’ils viennent. Plus ils seront là, plus nous aurons des garanties d’une bonne fin de cet accord ».

Le porte-parole du M23 est conscient que son groupe est perçu à Kinshasa comme le bras armé du Rwanda et il veut mettre fin à « cette légende » : « Nous disons que tout ce qui circule est en contradiction avec la réalité du terrain. Eh bien, nous sommes en train de nous battre pour que cette désinformation prenne fin ».

Et il prédit enfin des lendemains difficiles si Kinshasa refuse de tout mettre sur la table : « Si nous ne parlons pas de toutes ces questions, il n’y aura pas de possibilité de ramener la paix ».