RDC: les élèves et écoliers manifestants de Beni violemment dispersés par la police

RDC: les élèves et écoliers manifestants de Beni violemment dispersés par la police

C’est depuis le 22 Avril que les élèves et écoliers de la ville de Beni ont entamé un mouvement de sit in jour et nuit. L’objectif était de réclamer la Paix et la présence physique du Chef de l’État à Beni afin d’évaluer et suivre de près ce qui se passe au champ de bataille au sujet des opérations militaires contre les présumés rebelles ougandais Adf dans la région.  Ce vendredi matin des militaires et policiers munis d’armes à feu et bâtons ont été déployés aux environs de la mairie de Beni. Quelques heures plus tard, des bombes à gaz lacrymogènes et balle réelle ont retenti à la mairie. Les élèves faisaient un sit-in depuis huit jours devant la mairie de Beni pour réclamer la visite du président Félix Tshisekedi.

Les forces de l’ordre ont tiré des coups de feu en l’air et utilisé des bâtons pour disperser les élèves qui manifestaient depuis huit jours devant la mairie de Beni pour réclamer la venue du président congolais afin de proposer un plan pour lutter contre l’insécurité permanente dans l’Est du pays.

Lors de l’intervention de la police et de l’armée, plusieurs jeunes ont été blessés et des dizaines d’autres ont été arrêtés.

Cette dispersion musclée d’un rassemblement d’enfants a choqué les parents qui font le tour des hôpitaux à la recherche des blessés.

Indignation

Ceux qui encadraient ce sit-in depuis plusieurs jours se disent indignés, tout en promettant de porter plainte contre les éléments de la police et de l’armée qui les ont tabassés.

Ils affirment que lorsque les forces de l’ordre ont donné l’assaut, ils étaient en réunion pour décider de ramener tout le monde à la maison après que le président Félix Tshisekedi ait répondu favorablement à leur demande de venir à Beni.

« Quand on a reçu le message du chef de l’Etat, on avait l’idée de partir et c’était d’ailleurs notre décision de quitter la mairie aujourd’hui même parce que nous avions reçu une réponse du chef de l’Etat », explique l’un des élèves rencontrés à l’hôpital général de Beni.

Selon cet autre élève également blessé, « ils nous ont fouetté jusqu’à ce que beaucoup de nos amis se retrouvent à l’hôpital. »

Pourtant, selon le colonel Pierrot Mwana Mputu, porte-parole de la police nationale, la police n’a utilisé que des armes non létales pour disperser des motards qui empêchaient les enfants de rentrer à la maison.

69 arrestations

Pour certains parents d’élèves, l’agissement de l’armée et de la police ne reflète pas l’Etat de droit prôné par le pouvoir à Kinshasa. « Nous condamnons vivement ce que la police a fait et nous espérons que ça ne va plus se répéter à l’avenir », réagit ce père de famille.

« Nous sommes choqués parce que nous avions parlé aux enfants hier et le dialogue avec eux était en cours », précise un autre parent d’élève.

Par ailleurs la police a arrêté et emprisonné 69 élèves qui manifestaient jeudi (29.04) pour soutenir ceux qui faisaient le sit-in devant la mairie. Ils ont été libérés ce vendredi, après la dispersion des leurs collègues à la mairie de Beni.

(Avec Agences)