RDC: le Rassemblement de l’opposition peine à désigner son nouveau chef

RDC: le Rassemblement de l’opposition peine à désigner son nouveau chef

Après la mort d’Etienne Tshisekedi, le Rassemblement de l’opposition a du mal à trouver un nouveau leader. Il avait promis aux évêques de la Cenco, médiateurs dans la crise congolaise, de désigner le président du conseil des sages dans les 48h, mais le délai est largement dépassé. Mardi soir, une nouvelle réunion a eu lieu, mais l’opposition est toujours très loin d’un consensus. L’UDPS, qui n’avait jusqu’ici pas présenté de candidat, revendique ce poste en plus de la primature.
Avant la réunion du mardi 21 février, il y avait six candidats déclarés et déjà des problèmes en vue. Chaque composante devait proposer un nom, mais la Dynamique de l’opposition, déjà divisée, en avait deux : Martin Fayulu de l’Ecidé et Joseph Olenghankoy des Fonus.

Le G7, estimant être l’autre poids lourd du Rassemblement après l’UDPS, voyait de son côté son candidat Pierre Lumbi comme le candidat légitime. L’Alternance pour la République présentait Jean-Bertrand Ewanga, ex-UNC, à défaut du sa figure de proue, Raphaël Katebe Katoto. En effet, le frère de Moise Katumbi est suspendu pour avoir tenu des propos contraires à la position du rassemblement, en revendiquant la primature pour lui-même. Il est rentré mardi soir à Kinshasa et ce retour risque de provoquer des remous.

Les deux derniers candidats officiellement en lisse se considèrent comme les plus proches d’Etienne Tshisekedi et de son combat. Il s’agit d’Eugène Diomi Ndongala (MPP), toujours détenu à Makala, et de Lisanga Bonganga pour les alliés de l’UDPS. Mais voilà que lors de la réunion de mardi soir, l’UDPS a également décidé de revendiquer ce poste. « Malgré la mort d’Etienne Tshisekedi, l’UDPS conserve son poids politique », estime l’un de ses cadres.

Pour les autres composantes, il est difficile d’accepter que l’UDPS cumule la primature et la présidence du conseil des sages du Rassemblement et donc, de facto, du Conseil national de suivi de l’accord. Et certains parlent d’ores et déjà d’un risque d’éclatement.

Pour le Rassemblement de l’opposition, au titre de l’accord, le président du conseil des sages du Rassemblement deviendra automatiquement président du futur Conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre et sera chargé de le faire respecter. Pour la majorité, ce poste était dévolu à Etienne Tshisekedi en tant qu’opposant historique, mais il n’y a aujourd’hui plus rien d’automatique.

Avec rfi