RDC: le MLC de Jean-Pierre Bemba et ses alliés ont signé l’accord du 31 décembre

RDC: le MLC de Jean-Pierre Bemba et ses alliés ont signé l’accord du 31 décembre
Eve Bazaiba, chef de file du Front pour le respect de la Constitution (FRC) et secrétaire général du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) signe l’acord du 31 décembre 2016 au Centre interdiocésain à Kinshasa, DRC, 14 janvier 2917. Crédit: Jeef Ngoy

En République démocratique du Congo (RDC), c’est une nouvelle avancée sur l’accord de cogestion de la transition dans le pays. Le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba – formation de l’opposition – a approuvé, à son tour, l’accord du 31 décembre conclu sous la houlette de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Eve Bazaiba, secrétaire générale du MLC et coordonnatrice de la plateforme pour le respect de la Constitution a signé l’accord et évoque un geste de haute portée patriotique.

Jean-Pierre Bemba, ex-vice-président congolais, purge actuellement une peine d’emprisonnement à la Cour pénale internationale (CPI), aux Pays-Bas, et c’est depuis sa prison qu’il a demandé à ses troupes de signer l’accord. Eve Bazaiba, secrétaire générale du MLC et coordonnatrice de la plateforme Front pour le respect de la Constitution a finalement apposé sa signature au bas de l’accord conclu le 31 décembre, dans les négociations directes, sous l’égide de l’Église catholique.

La cérémonie a été présidée par le numéro un de la CENCO, monseigneur Marcel Utembi et rehaussée de la présence du nonce apostolique. Pour Eve Bazaiba, c’est un geste de haute portée patriotique.

« Par cet acte, c’est un sursaut patriotique, une responsabilité, un engagement pour faire avancer le pays. Notre non-signature, à l’époque, ce n’était pas un coup de tête ; c’était pour nous rassurer de l’effectivité de la bonne mise en œuvre de cet accord. En effet, signer un accord est une chose, sa mise en application en est une autre. Maintenant que nous avons entamé l’étape des arrangements particuliers et que nous avons trouvé des équilibres nécessaires qui nous donnent des garanties pour la mise en œuvre de cet accord, je vous dis que le Front pour le respect de la Constitution, devant dieu et la Nation, prend l’engagement de ne ménager aucun effort pour la mise en œuvre de cet accord. Nous ferons de notre mieux et c’est un devoir de Nation », a déclaré Eve Bazaiba.

Et toujours à propos de cet accord politique sur la transition en RDC, il n’y a pas d’avancée notable en ce qui concerne les discussions sur l’arrangement particulier, c’est à dire la détermination de l’agenda de mise en œuvre de l’accord et le partage du pouvoir intérimaire. RFI a appris que les travaux sont suspendus et ne devraient reprendre, au mieux, que mercredi prochain.

Merci

« Merci ! » C’est le premier mot du nonce apostolique et des évêques de la Cenco à l’endroit d’Eve Bazaiba à l’issue de la courte cérémonie organisée au centre inter diocésain. Les acteurs politiques, notamment ceux de l’opposition et les leaders de la société civile qui étaient présents dans la salle, ont eux aussi apprécié le geste de la secrétaire générale du MLC et de ses camarades du FRC, geste qui est le résultat de la recommandation de Jean Pierre Bemba, autorité morale de la plate-forme.

L’opposant Martin Fayulu, membre du Rassemblement des forces acquises au changement, n’a pas caché sa satisfaction : « Cet accord, c’est un produit aussi du MLC. Le MLC a participé dans tous les travaux et le MLC continue à participer dans les travaux. Aujourd’hui nous ne pouvons que nous réjouir, et surtout nous réjouir pour le peuple congolais ».

Côté majorité présidentielle, on estime que cet accord n’est pas encore inclusif. Emmanuel Ramazani Shadari, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur : « nous avons un groupe d’amis, qui sont de l’opposition et ont participé aux travaux de l’Union africaine qui ne sont pas encore là, donc il y a encore un problème d’inclusivité qui se pose ».

S’exprimant à ce sujet, le président de la CENCO, monseigneur Marcel Utembi, a dit être en contact avec le groupe du Premier ministre Samy Badibanga et qu’il y a des signes qui appellent à l’optimisme. Le camp du Premier ministre a remis ses propositions aux évêques sur la gestion de la transition. Dans un document remis à la CENCO, Samy Badibanga et trois de ses ministres maintiennent qu’il n’est pas nécessaire de remplacer le Premier ministre. C’est pourtant l’un des principaux points du compromis négocié sous l’égide de l’Eglise catholique auquel le conseil de sécurité a promis son soutien. La primature doit revenir au rassemblement de l’opposition. L’opposant historique Etienne Tshisekedi doit avoir proposé le nom du Premier ministre qui sera nommé par Joseph Kabila.

Le gouvernement Samy Badibanga a été investi juste avant la signature de l’accord du 31 décembre, gouvernement issu d’un précédent accord signé le 18 octobre avec une frange minoritaire de l’opposition.

Rfi