RDC :la Cenco préoccupée par la bancarisation des salaires des enseignants des écoles catholiques

Le président de la Conférence épiscopale de la République démocratique du Congo a adressé une lettre au Premier ministre Matata Ponyo. Mgr Nicolas Djomo se plaint de la manière dont les enseignants des écoles conventionnées catholiques sont payés par l’Etat depuis trois mois. Il y a cenco-monsengwo-kabiladeux ans, l’Eglise avait obtenu le droit d’acheminer elle-même, via ses propres réseaux, les salaires des enseignants de son ressort. Mais au début de l’année, le gouvernement a imposé la bancarisation des salaires afin d’éviter notamment les détournements d’argent liquide. Toutes les paies sont désormais virées sur des comptes en banque ou via des sociétés de téléphonie mobile. Cela paraît fort simple, sauf dans les nombreuses localités où il n’y a ni banque, ni filiale de société de téléphonie, et où percevoir son salaire tourne au casse-tête.

Payer les salaires par voie bancaire est une procédure qui permet aux fonctionnaires de percevoir la totalité de leur solde, mais également au Trésor public de récupérer des centaines de millions de francs congolais de reliquats.

Mais le problème demeure pour les enseignants qui travaillent dans les coins les plus reculés du pays, là où les banques sont absentes. Et selon la Conférence épiscopale, le recours aux sociétés de téléphonie cellulaire pour payer les salaires dans ces endroits reculés n’est pas une véritable solution. Les représentations de ces entreprises sont dans certains cas très éloignées de plusieurs centres ruraux. Il faut parfois six jours de marche pour y arriver.

Des perturbations des cours sont ainsi observées dans certaines écoles de l’enseignement conventionné catholique, explique un membre de Caritas (confédération internationale d’organisations catholiques à but caritatif). Et c’est depuis trois mois que le gouvernement s’est détourné de l’église catholique qui se prévaut d’avoir le réseau le mieux implanté dans la RDC.

Mgr Nicolas Djomo, le président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) prévient sur les « remous sociaux » que risque d’entraîner cette rupture unilatérale du contrat qui liait le gouvernement à l’église catholique.

Par RFI