RDC: Félix Tshisekedi investi président de la République pour un second mandat

RDC: Félix Tshisekedi investi président de la République pour un second mandat

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a prêté serment en début d’après-midi et commence ainsi, officiellement, son second mandat, ce samedi 20 janvier 2024. Une cérémonie qui s’est déroulé au stade des Martyrs de la Pentecôte, le plus grand de la capitale Kinshasa, en présence d’une quinzaine de chefs d’État africains.

C’est devant un stade plein à craquer de dirigeants, d’officiels, de sympathisants, de militants que le président congolais, sourire aux lèvres, a prêté serment.

« Moi, monsieur Tshisekedi Tshilombo Félix Antoine, élu président de la République démocratique du Congo, je jure solennellement devant Dieu et la nation de remplir loyalement les hautes fonctions qui me sont confiées »,

a déclaré devant les juges de la Cour constitutionnelle le président réélu, avant de recevoir les salutations des chefs coutumiers des 26 provinces du pays.

« J’ai conscience de vos attentes », a ensuite déclaré Félix Tshisekedi dans son discours d’investiture, en évoquant le chômage, le pouvoir d’achat, les jeunes, les femmes, la cohésion nationale…

C’est lors d’une cérémonie en grande pompe au stade des Martyrs de Kinshasa, ce samedi 20 janvier, que le président Félix Tshisekedi a été investi pour un deuxième mandat en République démocratique du Congo (RDC) devant un parterre de chefs d’État africains. Au total 18 chefs d’État ont pris part ce samedi 20 janvier 2024 à la cérémonie de prestation de serment du président Félix-Antoine Tshisekedi. Cette participation massive traduit une reconnaissance régionale, voire africaine, de cette réélection pour un second mandat.

Il s’agit notamment des présidents des pays suivants : Zimbabwe, Congo, Afrique du Sud, Angola, République du Burundi, République Centrafricaine, République du Djibouti, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Kenya, République du Malawi, République Démocratique de Saotome, Sénégal, Tchad, Zambie.

On a également retrouvé des délégations officielles venues de différents coins du monde.

La Cour constitutionnelle avait validé, quelques minutes avant la prestation de serment, le résultat de la présidentielle de la semaine du 20 décembre 2023, un scrutin remporté par le chef de l’État sortant avec 73,34% des suffrages.

Début officiel donc de ce second mandat au milieu de ce stade des Martyrs, un moment solennel qui a été suivi par le tir de 21 coups de canon et surtout le discours d’investiture. Un discours de politique générale pour poser les bases de ses cinq prochaines années à la tête du pays.

« Corriger les erreurs du passé »

Le Président Félix-Antoine Tshisekedi s’est engagé ce samedi 20 janvier d’user de tout son pouvoir « pour que les erreurs du passé ne se reproduisent plus ». il a pris cet engagement dans son discours d’investiture prononcé au Stade des Martyrs.

Le Président investi axe ce nouveau mandat sur certaines priorités, résumées à travers six objectifs, notamment la transformations des produits miniers et agricoles bruts sur le sol congolais, le désenclavement des territoires et l’assainissement des villes.

« Ce nouveau quinquennat aura pour objectifs de créer plus d’emplois en accélérant la promotion de l’entreprenariat, de protéger le pouvoir d’achat de ménages en stabilisant le niveau de la stabilisation et en maîtrisant le taux de change, d’assurer avec beaucoup plus d’efficacité la sécurité de nos populations, de notre territoire, de nos biens,  de poursuivre la diversification de notre économie et d’accroitre sa compétitivité, de garantir plus d’accès aux services de base et renforcer l’efficacité des services  », a déclaré Félix-Antoine Tshisekedi.

Stabiliser le Franc congolais

Il a pris l’engagement de diversifier l’économie et de créer une véritable industrie qui pourra concourir à la réduction de la dépendance de l’économie congolaise aux importations notamment celle des biens et produits de première nécessité.

« Cher compatriotes, je vous ai entendu. J’ai conscience des attentes que peuvent susciter le chômage, la création d’opportunités d’emplois pour les jeunes, les femmes ou encore les personnes vivant avec handicap. J’ai conscience de vos attentes relatives à l’augmentation du pouvoir d’achat, à la stabilité du Franc congolais », a noté le Président Félix-Antoine Tshisekedi.

Eradiquer les groupes armés et améliorer le pouvoir d’achat

Il a appelé les animateurs des institutions publiques à un sens élevé de patriotisme pour que le rêve d’un Congo dans sa splendeur devienne une réalité.

Il a aussi dénoncé les menaces résilientes vis-à-vis de la RDC. Mais aussi le comportement de certains compatriotes qui font couler le sang des Congolais. Il prône le vouloir vivre collectif, la lutte contre le tribalisme, l’éradication des groupes armés, l’amélioration du pouvoir d’achat, sauvegarde des intérêts du pays.

« Le renforcement de l’État dans sa capacité à sécuriser la population et ses biens, à éradiquer l’activisme terroriste et les groupes armés qui sévissent dans la partie orientale de notre pays, à protéger avec plus d’efficacité nos frontières, à assurer la défense ainsi que la sauvegarde des intérêts de notre pays, … sont là autant de sujets qui nourrissent vos préoccupations », a détaillé le président réélu.

Rendre effectif le rôle du porte-parole de l’opposition

Le Président investi, a remercié la MONUSCO, la République du Congo, la République d’Angola et la République arabe d’Égypte pour le soutien apporté à la CENI pour l’organisation des élections.

Il a salué l’apport de sa famille politique, l’Union sacrée qui a contribué à sa réélection. Il a aussi salué les candidats qui se sont désisté en sa faveur et les différents regroupements politiques.

S’adressant à ses adversaires qui ont participé à l’élection présidentielle de décembre 2023, il a promis son implication pour rendre effectif le rôle du porte-parole de l’opposition.

« Vous êtes donc une composante consubstantielle à l’évènement de ce jour. Et vous avez, à juste titre, votre place dans la gouvernance de notre pays. En ma qualité de garant de la cohésion nationale, j’y veillerai, au même titre que j’exhorterai au Parlement d’assurer l’effectivité du rôle de porte-parole de l’opposition que cette dernière voudra bien désigner conformément à la Constitution », a promis Félix-Antoine Tshisekedi.

Préserver les acquis

Comme pour le lancement de sa campagne électorale, « Fatshi », 60 ans, a choisi pour son investiture le stade des Martyrs, plus grande enceinte de Kinshasa, rempli au maximum de sa capacité de 80.000 places. Les animations, avec chanteurs et danseurs, se poursuivaient en attendant l’arrivée de la vingtaine de chefs d’Etat africains annoncés par les autorités.

Sa première prestation de serment, en janvier 2019, lorsqu’il succédait à Joseph Kabila (2001-2018) après une élection très controversée, avait eu lieu dans les jardins du palais de la Nation, site très solennel où se tiennent généralement les cérémonies officielles.

Fils de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, décédé deux ans auparavant, il prenait alors les rênes de l’immense pays d’Afrique centrale, riche en minerais mais à la population majoritairement pauvre, en promettant d’améliorer les conditions de vie des Congolais et de mettre fin à 25 ans de violences armées dans l’Est.

Il n’a pas atteint ses objectifs mais a mené campagne, avec force moyens, sur « les acquis » de son premier mandat, tels que la gratuité de l’enseignement primaire, et demandé aux électeurs de lui accorder un second mandat pour les « consolider ».

La présidentielle a eu lieu en même temps que les élections législatives, provinciales et locales, un quadruple scrutin qui a démarré comme prévu le 20 décembre mais, face aux multiples problèmes logistiques, s’est étalé sur plusieurs jours.

Au final, lors d’une élection à un seul tour et face à une vingtaine d’autres candidats, il s’est offert un triomphe, avec plus de 73% des voix.

Loin derrière sont arrivés Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga (sud-est), avec 18% des suffrages, suivi de l’autre opposant Martin Fayulu (environ 5%). Le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix pour son action auprès des femmes victimes de viols de guerre, a officiellement engrangé seulement 0,22% des voix.

La cérémonie a également été marquée par un défilé militaire impressionnant avec toutes les branches des forces armées congolaises. Vingt-et-un coups de canon ont également retenti dans le stade pour saluer le début du second mandat présidentiel.

(Bakolokongo avec Agences)