RDC: escarmouche entre le M23 et les FARDC

RDC: escarmouche entre le M23 et les FARDC

Dimanche 29 janvier, un groupe de 30 personnes « non armées » et prétendant être des combattants du M23 ont franchi la frontière en direction du Rwanda. C’est l’armée rwandaise qui l’affirme dans un communiqué ce lundi. Selon les forces de défense rwandaises, ces combattants ont dit fuir des combats dans le Nord-Kivu, dans l’est de la RDC. Depuis quelques jours, il semble en effet que les FARDC mènent des opérations contre le M23 dans cette zone. Les choses se sont envenimées ce week-end. Le M23 détiendrait même un otage.

Tout commence vendredi. Deux hélicoptères des FARDC, de fabrication russe, s’écrasent lors d’une opération contre une position du M23 signalée à quelques kilomètres de la frontière rwandaise dans le territoire de Rutshuru. De source militaire congolaise, des raisons techniques dûes à l’altitude seraient à l’origine de l’accident. La position rebelle se trouvant alors à 3500 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Quoiqu’il en soit, deux pilotes étrangers originaires d’Europe de l’Est, et un colonel congolais en charge des opérations et du renseignement, numéro 2 de l’opération Sukola 2, sont tués.

Le général Sidikou revient d’Addis Abeba

Cinq autres personnes se trouvant à bord, membre d’équipage et officiers congolais, blessés sont transportés par la Monusco à Goma où ils sont hospitalisés. De bonne source, un autre membre d’équipage est alors capturé par les rebelles. La nationalité des pilotes et membres d’équipages des hélicoptères congolais demeurent un mystère. Plusieurs sources affirment qu’ils sont russophones. L’affaire a en tout cas provoqué le retour du sommet de l’Union africaine du numéro 1 de la Monusco Maman Sidikou.

Dimanche, les FARDC ont mené une nouvelle opération sur les zones des crashes et sur la position du M23. Un affrontement a éclaté, quatre rebelles ont été tués et un a été capturé. De l’autre côté de la frontière, les forces rwandaises voient débarquer une trentaine d’hommes « sans armes » affirmant appartenir au M23 et fuir des combats.

30 membres du M23 se réfugient au Rwanda

Trente personnes « non armées » se présentant comme des « combattants » du Mouvement du 23 mars (M23), un ancien groupe rebelle congolais, se sont réfugiés au Rwanda, affirmant fuir une offensive de l’armée congolaise, a annoncé lundi l’armée rwandaise.

Dimanche matin, « un groupe de personnes non armées se présentant comme des combattants du M23 sont arrivées au Rwanda par la frontière commune entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) dans le secteur de Bugeshi, dans le district de Rubavu », a indiqué l’armée rwandaise dans un communiqué.

Ces « combattants » ont affirmé avoir « fui une opération militaire des forces armées de RDC (FARDC) », a précisé la même source. Tous ont été vus par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui a pris en charge ceux ayant besoin de soins médicaux.

Le M23 est un ancien groupe rebelle à dominante tutsi ayant fui la RDC après avoir été défait fin 2013 par l’armée congolaise, à l’issue de dix-huit mois de guérilla au Nord-Kivu (est de la RDC). Des centaines de ces combattants ont alors fui vers l’Ouganda et le Rwanda, où ils ont été cantonnés.

Le 18 janvier, Kinshasa avait fait état d’une incursion d’environ 200 ex-rebelles du M23 venus d’Ouganda dans une localité de l’est de la RDC. Le lendemain, le gouvernement ougandais avait admis avoir perdu la trace de 40 ex-rebelles du M23 cantonnés sur son territoire et annoncé l’arrestation de 101 autres qui tentaient de rejoindre la RDC.

L’armée congolaise s’est refusée à tout commentaire officiel sur une éventuelle offensive dans l’est du pays. Mais une source militaire congolaise a indiqué à l’AFP que deux hélicoptères des FARDC, des Mi-24 de fabrication soviétique, s’étaient écrasés vendredi dans le territoire de Rutshuru, frontalier du Rwanda, au cours d’une opération contre d’ex-membres du M23.

Un source onusienne a elle assuré que les Casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) n’ont pas été associés à cette opération, mais qu’ils ont aidé les FARDC à évacuer un nombre indéterminé de soldats blessés dans ces accidents.

Lundi matin, une cérémonie de condoléances a été organisée à Goma par la famille d’un officier supérieur tué dans un de ces deux accidents aériens, selon le correspondant de l’AFP dans la capitale du Nord-Kivu.

Avec Afp et Rfi