RDC: l’opposant Bruno Tshibala nommé Premier ministre

RDC: l’opposant Bruno Tshibala nommé Premier ministre
Bruno Tshibala, le 17/03/2017 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

 

Bruno Tshibala, le 17/03/2017 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Dans une ordonnance présidentielle lue à la télévision nationale, le président congolais Joseph Kabila a nommé vendredi 7 avril, l’opposant Bruno Tshibala Nzenze Premier ministre de la République démocratique du Congo. Sa nomination est le résultat des tractations entre la majorité présidentielle et une frange de l’opposition après l’échec de l’application de l’accord signé le 31 décembre dernier entre pouvoir et opposition.

Bruno Tshibala,  âgé de 62 ans, est connu comme membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) depuis de longues années. Lui-même revendique 36 ans de lutte aux côtés de l’opposant historique Etienne Tshisekedi.

Originaire du Kasaï, ce sexagénaire a été secrétaire général adjoint et porte-parole de  l’UDPS avant d’être désigné porte-parole du Rassemblement des forces acquises au changement. Mais Bruno Tshibala a récemment été exclu du parti après la mort d’Etienne Tshisekedi.

S’étant désolidarisé de l’UDPS en dénonçant la restructuration du Rassemblement des forces acquises au changement, il a rallié l’aile dissidente de ce regroupement.

Qui est Bruno Tshibala ?

Bruno Tshibala Nzenze est né en 1955. Il est l’un des pionniers de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Compagnon de lutte d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, il a été secrétaire général-adjoint de l’UDPS et porte-parole du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement.

C’est à l’âge de 25 ans qu’il a entamé la carrière politique, alors qu’il était encore étudiant. C’était en avril 1980.

Hostile au régime du feu président Joseph-Désiré Mobutu, il a intégré un parti de la «défense des idées de gauche».

Sous l’encadrement de ses «aînés» et «compagnons marxistes», il a été l’une des personnes qui ont distribué des tracts contre le régime Mobutu, toujours en avril 1980.

Parmi ses « aînés », il cite entre autres :

  • Etienne Tshisekedi
  • Joseph Ngalula
  • Kibasa Maliba
  • Anaclet Makanda
  • Isidore Kanana

Bruno Tshibala, était présent lors de la rédaction de la Lettre des 13 parlementaires, en décembre 1980.

A la condamnation de ces «13», ils seront tous relégués dans leurs villages de naissance.

Bruno Tshibala est connu comme membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) depuis de longues années. Lui-même revendique 36 ans de lutte aux côtés de l’opposant historique Etienne Tshisekedi.

Trois mois plus tard, ils vont lancer l’idée de créer un deuxième parti pour instaurer le bipartisme et s’opposer au monopartisme de l’époque avec le Mouvement populaire pour la révolution (MPR). Une idée qui a été lancée le 26 mars 1981.

La réunion préliminaire de la création de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) s’est déroulée avec Etienne Tshisekedi, Joseph Ngalula, Anaclet Makanda, Isidore Kanana, Grégoire Dikonda et Kibasa Maliba, et Bruno Tshibala était là, avec « ses aînés ».

Mobutu va ensuite décider de libérer tous les 13 parlementaires en décembre 1981. Comme l’idée du parti était déjà lancée, seuls les élus vont signer les statuts du parti et la sortie officielle fut lancée le 15 février 1982.

Les non-parlementaires, dont Bruno Tshibala n’étaient pas obligés à signer «par peur de pendaison».

Bruno Tshibala est donc resté «constant» depuis la création de l’UDPS jusqu’à la mort d’Etienne Tshisekedi.

De l’arrestation aux côtés de Joseph Olenghankoy

En octobre 2016, Bruno Tshibala, alors secrétaire général-adjoint de l’UDPS est arrêté. Il a été appréhendé à l’aéroport de Kinshasa en partance pour une mission officielle du parti. Détenu l’année dernière à la prison centrale de Makala à Kinshasa pour des raisons qualifiées de politiques, Bruno Tshibala avait été sorti de sa cellule une nuit pour s’entretenir avec le directeur du cabinet du chef de l’Etat. Un entretien de deux heures dont le contenu n’a jamais été révélé. Il a été libéré en novembre de la même année.

Outre ses fonctions au sein de l’UDPS, Bruno Tshibala est également porte-parole du Rassemblement de l’opposition constitué en juin autour d’Étienne Tshisekedi.

Il est accusé, selon le procureur général de la République, d’avoir organisé des manifestations des 19 et 20 septembre à Kinshasa. Des événements qui avaient dégénéré en heurts sanglants entre militants anti-Kabila et les forces de l’ordre.

Après la mort d’Etienne Tshisekedi, le Rassemblement va se restructurer. Le poste du président est créé au sein de cette plateforme. Bruno Tshibala va contester cette réorganisation qui porte Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi respectivement président et président du conseil des sages.

Bruno Tshibala va se désolidariser du Rassemblement piloté par le tandem Tshisekedi-Lumbi, pour se rallier à Joseph Olenghankoyi.

Aux termes de l’accord de la Saint-Sylvestre, l’opposition s’est accommodée du maintien au pouvoir de M. Kabila en échange de la promesse d’une présidentielle avant la fin de l’année 2017. Après plus de trois mois de tergiversations, la tenue de cette élection dans le délai prévu par l’accord apparaît hautement incertaine.

Bakolokongo avec RadioOkapi