RDC: 20 ans de prison à l’encontre d’un groupe de personnes qui réclamaient le départ du gouverneur de Bandundu

Le 12 avril dernier, douze personnes ont été condamnées à 20 ans de prison pour avoir voulu mobiliser la population contre le gouverneur de la province du Bandundu. Le verdict n’en finit pas de créer la polémique. Alors que les ONG des droits de l’homme protestent, les autorités défendent cette décision de justice.JUSTICE-COUR-SUPREME-DE-LA-RDC

Les ONG ne décolèrent pas après les lourdes peines prononcées contre douze activistes par un tribunal de la province du Bandundu. Des peines de 20 ans de prison ont été prononcées à l’encontre de ce groupe qui organisait une manifestation pour réclamer le départ du gouverneur, accusé de mauvaise gestion. Après l’Asadho (Association africaine de défense des droits de l’homme), c’est au tour de la Voix des Sans-Voix de protester.

« Nous sommes très indignés d’une lourde peine que l’on inflige à des personnes qui organisent une manifestation pacifique. Et pour cela, on doit les condamner à 20 ans de prison ! », s’emporte Doli Ibefo, secrétaire exécutif de la Voix des Sans-Voix, qui juge que « le gouverneur a profité de sa fonction pour peser sur la justice. »

Le gouvernorat reste ferme

Le gouvernorat du Bandundu se défend, en disant que les membres de ce groupe s’étaient lancés dans une mobilisation à caractère violent. Pour l’avocat de la province, Me Pierre Pépin Kwampuku, les activistes ne sont pas des défenseurs des droits de l’homme.

« Il ne s’agit pas de défenseurs des droits de l’homme. Il s’agit d’inciviques puisqu’ils ont tenté de renverser les institutions provinciales en incitant la population à la haine tribale, la division, la rébellion », affirme l’avocat. Quant à la lourdeur de la condamnation – vingt ans, l’autorité l’explique par l’effet du cumul de plusieurs peines pour les différentes accusations retenues par le tribunal.

Par RFI