Nouvelle alerte sur les dépassements budgétaires en RD-Congo

Nouvelle alerte sur les dépassements budgétaires en RD-Congo

En RDC, malgré les appels de la société civile et des bailleurs internationaux dont le Fonds monétaire international (FMI), les dépassements budgétaires persistent. Cette fois, le gouvernement parle d’une situation « préoccupante », déjà en ce début d’année. Lors de la réunion du conseil des ministres tenue ce week-end, le gouvernement a affirmé avoir dépensé plus de 750 millions de dollars rien que pour le mois de janvier. C’est plus que les 520 millions de recettes mobilisées.

La mobilisation des recettes en janvier a dépassé les 500 millions de dollars prévus. Mais elle n’a pas suffi pour financer les charges. Pour couvrir le déficit de près de 230 millions de dollars, le gouvernement a pioché dans ses obligations du Trésor et les appuis budgétaires des bailleurs.

La surconsommation des crédits, selon le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, a été occasionnée par les dépenses sécuritaires, les départs à la retraite et le fonctionnement des institutions.

Le professeur Florimond Muteba, patron de l’ONG ODEP, spécialisée en finances publiques, fustige une mauvaise gestion du budget. « Quelles sont ces situations exceptionnelles que l’on ne pouvait pas prévoir dans le budget 2023 ? La guerre est là depuis l’année dernière ! C’est très préoccupant… La priorité est aux salaires et au fonctionnement et jamais aux investissements ! Et maintenant, pour couvrir les choses, on nous parle de dépenses de sécurité ?! Ce qui est à craindre, c’est la planche à billets, comme à l’époque de Mobutu, et une inflation qui va atteindre des sommets… Nous sommes tout simplement face à une gestion calamiteuse du pouvoir en place depuis janvier 2019… »

Le ministre des Finances a recommandé la suspension des paiements de la dette intérieure.

Confronté régulièrement aux paiements effectués en dehors de la chaîne de dépenses, le gouvernement s’est proposé d’en réduire le seuil, y compris celui des dépenses payées en cash. Il se propose également de ralentir les dépenses « non contraignantes » pour le fonctionnement des institutions.

(Avec Rfi)