Martin Fayulu à propos de l’Union sacrée: « il n’y a pas rupture entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila »

Martin Fayulu à propos de l’Union sacrée: « il n’y a pas rupture entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila »

Martin Fayulu réagit pour la première fois à la constitution de l’Union sacrée. L’ancien candidat à l’élection présidentielle, qui se considère toujours comme le président élu, a donné une conférence de presse jeudi midi. Il a qualifié l’Union sacrée, cette nouvelle majorité parlementaire constituée à l’instigation du président Tshisekedi, de « deuxième grossesse » pour le président et son prédécesseur Joseph Kabila. Pour Martin Fayulu, il n’y a pas eu rupture entre les deux hommes.

Martin Fayulu n’en démord pas. Joseph Kabila survit grâce à Felix Tshisekedi. Il y a toujours un accord secret entre le chef de l’Etat et son prédécesseur pour permettre à Joseph Kabila de rester au pays et de conserver argent et influence.

« Kabila accepte qu’on lui donne tous les coups possibles, à condition que lui demeure, en tant d’individu, et sa famille. Politiquement, il n’existe plus et il le sait. il ne reviendra plus jamais au pouvoir. Mais il veut simplement exercer son influence, avec l’argent qu’il a. »

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Pour l’ancien candidat à la présidentielle, avec l’Union sacrée, c’est un système illégitime qui se maintient au détriment des intérêts du peuple congolais. « Avec ce qu’il se passe à l’Assemblée nationale ou au Sénat, on reprend les mêmes et on recommence. C’est toujours les kabilistes et tshisekedis qui sont là. Pourquoi tous ces balbutiements ? C’est parce qu’il faut accommoder Kabila, c’est comme ça que Tshisekedi fait. Et tout ça, c’est au détriment du peuple congolais. »

Martin Fayulu s’est aussi exprimé sur la présence au sein de l’Union sacrée de deux de ses collègues de la coalition Lamuka, Jean-Pierre Bemba et Moise Katumbi. Lui qui en est le coordonnateur à l’heure actuelle a estimé que cette adhésion ne remettait pas en cause l’existence de la coalition.

« Jamais de la vie, il n’y aura un glissement »

« Jamais de la vie, il n’y aura un glissement », a tempêté Martin Fayulu qui insiste sur la tenue des élections en 2023, après celle de 2018. Selon lui, les dirigeants congolais ne devraient pas trouver d’excuses de ne pas organiser les élections en se cachant sur la crise entre le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila et Cap pour le changement (CACH) de Félix Tshisekedi.

« Ils viendront vous dire qu’il n’y a plus de temps. Nous étions occupés à chasser définitivement Kabila, les deux années passées ne comptent pas et ce n’est plus possible d’organiser les élections en 2023 », suppute M. Fayulu.

Il considère le duo Tshisekedi-Kabila et l’Union sacrée comme une forme d’anesthésie afin d’avoir un discours politique devant le peuple. »

« Une marionnette en fil de fer, même revêtue d’un pantalon et d’une veste, reste une marionnette. Même robotisée, elle obéit toujours à une commande extérieure », déclare Martin Fayulu.

Pour le leader la plateforme LAMUKA, il est aussi nécessaire de discuter sur des réformes institutionnelles « profondes et urgentes », notamment sur la loi électorale. Le but de ces échanges, serait d’avoir « une loi électorale qui fera en sorte qu’à la fin du scrutin, les résultats soient directement digitalisés. »

Outre des réformes sur la loi électorale, il propose aussi que cela s’étende sur la commission électorale, la Cour constitutionnelle, l’armée, la police, la lutte contre la corruption.

• Martin Fayulu revient sur les révélations de RFI sur l’affaire Floribert Chebeya et Fidèlke Bazana

Martin Fayulu a notamment évoqué les révélations autour de l’assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana. Pour Martin Fayulu, il est temps de fouiner dans le passé et de pousser les enquêtes jusqu’à établir toutes les responsabilités.

Les policiers qui ont participé à l’assassinat de Chebeya, qui ont participé à la mascarade, qui ont reçu des instructions précises, mais les choses commencent à se préciser. Félix Tshisekedi avait dit qu’il ne faut pas fouiner dans le passé. Est-ce que ça vaut aussi pour ça? C’est ça la question. Parce qu’il faut fouiner dans le passé!

 

(Bakolokongo avec Agences)