France-présidentielle: Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour

France-présidentielle: Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour

La bataille pour le second tour de la présidentielle démarre ce lundi entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, en position de favori, après le « big bang » de dimanche qui a vu l’élimination du PS et des Républicains. Le candidat du mouvement En marche ! et celle du Front national se sont qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle. Une rupture politique qui fait les gros titres de la presse locale et nationale.

Selon les derniers résultats, le fondateur d’En Marche! obtient environ 23,8% des suffrages et devance Marine Le Pen, à environ 21,9%. François Fillon est éliminé avec environ 19,9% des voix.

Pari réussi pour Emmanuel Macron. Le fondateur d’En Marche! est qualifié au second tour de l’élection présidentielle, selon les premières estimations diffusées dimanche soir. Avec environ 23,8% des suffrages, l’ancien ministre devance Marine Le Pen, qui obtient environ 21,9% selon les mêmes estimations. Les deux vainqueurs du premier tour seront départagés le 7 mai prochain, lors du second tour.

En troisième position avec environ 19,9% des voix, François Fillon, le candidat de la droite, est éliminé dès le premier tour. Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise, arrive quatrième avec environ 19,2% des voix.

Suivent, le candidat du PS Benoît Hamon avec environ 6,28% des suffrages et Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France, qui obtient environ 4,8%.

Le taux de participation a atteint 78,69%, contre 80,42% lors du premier tour du scrutin présidentiel de 2012.

Duel inédit

Ce scénario Macron-Le Pen rebat les cartes de la politique française: c’est la première fois sous la Ve République que la droite est absente du second tour, et la première fois qu’aucun des deux grands partis qui ont dominé la vie électorale depuis près d’un demi-siècle, Les Républicains (LR) et le Parti socialiste, n’y est présent.

Jamais élu, Emmanuel Macron est désormais en bonne position pour emporter le scrutin suprême le 7 mai et devenir, à 39 ans, le plus jeune président de la République de l’Histoire, devant Louis-Napoléon Bonaparte.

Face à lui se dresse la candidate du Front national, qui réédite la performance de son père en 2002 en accédant au second tour, sans toutefois arriver en tête comme elle l’a longtemps espéré. Mais il ne s’agit cette fois pas d’une surprise: sa qualification au second tour était prédite par tous les sondages sans exception depuis 2013.
Vainqueur triomphal de la primaire de droite, M. Fillon a été grandement fragilisé par les affaires judiciaires, après la révélation fin janvier par Le Canard enchaîné de l’emploi soupçonné fictif de son épouse comme collaboratrice parlementaire, pour lequel la justice l’a mis en examen.
Quatrième homme en 2012, avec 11,10% des voix, Jean-Luc Mélenchon pulvérise son score pour atteindre 19,64%, principalement au détriment de Benoît Hamon, frondeur socialiste désigné lors d’une primaire face à l’ancien Premier ministre sortant Manuel Valls.
Quant à Benoît Hamon, il crève le plancher du score éliminatoire de Lionel Jospin en 2002 (16,18%), et fait même le pire score d’un candidat socialiste depuis Gaston Defferre en 1969 (5,01%).
Cette 10e élection présidentielle au suffrage universel de la Ve République est hors normes à plus d’un titre: un président sortant François Hollande pas en mesure de se représenter, une première depuis la mort en fonction de Georges Pompidou en 1974; élimination des favoris Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et Manuel Valls, lors des primaires; match serré dans la dernière ligne droite entre quatre candidats; contexte de menace terroriste, avec un scrutin sous état d’urgence, instauré après les attentats de novembre 2015.

 

La mort jeudi soir d’un policier sur les Champs-Elysées porte à 239 le nombre de victimes d’attentats en France depuis l’attaque contre Charlie Hebdo en janvier 2015. Cet attentat a bouleversé la fin de la campagne, la plupart des candidats annulant leurs derniers déplacements. Un hommage national au policier assassiné aura lieu mardi.

Deux programmes ayant des points communs

Les programmes d’Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont aussi des points communs. Voici lesquels
Les deux candidats qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle ne s’opposent pas sur tout.

Europe, mondialisation, préférence nationale… S’ils sont aux antipodes sur l’essentiel, les programmes d’Emmanuel Macron et Marine Le Pen se rejoignent quand même sur un certain nombre de points, qui ne tiennent pas toujours du détail. Il y a peu de chance que cela influence le vote de beaucoup de monde. En revanche, certaines professions, et beaucoup de Français, bénéficieront quoi qu’il arrive au-delà du 7 mai de réformes similaires envisagées par Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Elles peuvent varier dans leur intensité, leur mise en place, ou leur esprit, mais elles vont malgré tout dans la même direction.

Voici la liste des principales mesures communes aux deux candidats du second tour.

Entreprises et formation

  • Il faut développer les formations en alternance

L’apprentissage et la formation en alternance sont vus par les deux candidats comme des solutions pour les jeunes pas ou peu diplômés. Ils veulent augmenter les moyens et simplifier leur mise en place.

  • Il faut améliorer la formation professionnelle

C’est le maillon faible de la lutte contre le chômage. Le FN veut la rendre « plus efficace, moins opaque et moins coûteuse », Emmanuel Macron veut lui consacrer 15 milliards d’euros de son plan d’investissement.

  • Il faut réduire les charges des entreprises

Macron veut supprimer les charges sur les salariés au Smic, et baisser l’impôt sur les sociétés de 33 à 25%. Les deux veulent pérenniser les baisses de charges accordées par le CICE de François Hollande. Mais Marine Le Pen ne baissera l’impôt sur les sociétés à 24% que pour les PME.

Fonction publique

  • Il faut un peu réduire le nombre de fonctionnaires

Emmanuel Macron annonce 120.000 suppressions de postes sur 5,5 millions, moins 5000 créations de postes dans l’éducation et 10.000 pour la sécurité (soit 1,9% du total). Marine Le Pen n’a pas avancé de chiffres. Elle admet simplement la possibilité de jouer sur les départs à la retraite en cas de surnombre.

  • Il faut revaloriser le salaire des fonctionnaires

Sans précision sur le montant, les deux sont favorables à une augmentation des salaires dans la fonction publique.

  • Il faut reconsidérer la réforme des rythmes scolaires

Emmanuel Macron veut laisser aux villes la liberté de décider de revenir dessus, tandis que Marine Le Pen ne veut plus en entendre parler.

Institutions

  • Il faut réduire le nombre de parlementaires

Marine Le Pen veut organiser une référendum pour réformer les institutions, et « abaisser le nombre de députés à 300 (contre 577 aujourd’hui) et le nombre de sénateurs à 200 (contre 348 aujourd’hui) ». Emmanuel Macron vise une baisse d’un tiers, mais pas avant le fin de son mandat, pour éviter une dissolution.

  • Il faut instaurer une dose de proportionnelle aux législatives

Là encore, Macron reste dans la déclaration d’intention. Le FN, sans doute plus sensible au problème, annonce une proportionnelle « intégrale avec une prime majoritaire de 30 % des sièges pour la liste arrivée en tête et un seuil de 5 % des suffrages pour obtenir des élus ».

Sécurité et armée

  • Il faut construire plus de places de prison

15.000 de plus sur le quinquennat pour En Marche!, 40.000 pour le Front national.

  • Il faut embaucher plus de policiers et gendarmes

Dans son programme, Macron parle de 7500 policiers et 2500 gendarmes. Marine Le Pen compte sur un total de 15.000, sans précision.

  • Il faut augmenter le budget de l’armée

Marine Le Pen est la plus volontariste avec 3% du PIB à la fin du quinquennat, contre 2% pour Macron.

  • Il faut rétablir une forme de service militaire

Un mois pour les hommes et les femmes de 18 ans pour Macron, dans les trois ans qui suivent leur anniversaire, rétablissement progressif d’un service militaire de 3 mois pour le FN.

Environnement

  • Il faut développer l’approvisionnement en circuit court

Les deux candidats sont aussi flous l’un que l’autre, leurs programmes ne dépassent pas la déclaration d’intention favorable au « made in France » de proximité.

  • Il faut interdire l’exploitation des gaz de schistes

​​​Emmanuel Macron reste dans la ligne de l’accord de Paris (COP21), Marine Le Pen attend que leur exploitation soit réalisable dans des conditions satisfaisantes.

Avec La Libre.be, Le Figaro et Le HuffPost