EN DIRECT| Egypte : au moins 51 morts et 435 blessés, les Frères musulmans appellent au « soulèvement » contre l’armée

La tension est encore montée d’un cran ce lundi au Caire (Egypte) où plus de 50 personnes ont trouvé la mort lors d’une manifestation pro-Morsi aux abords du siège de la Garde Républicaine. 

Army soldiers stand guard near the Republican Guard headquarters after clashes with supporters of deposed Egyptian president Mohamed Mursi, in CairoLes forces de l’ordre ont ainsi ouvert le feu à l’aube sur plusieurs dizaines de partisans du président déchu, mais l’élément déclencheur de ces tirs demeure inconnu.L’armée soutient avoir riposté à une attaque terroriste, tandis que les Frères Musulmans dénoncent un massacre et parlent de victimes désarmées. Le président par intérim a demandé l’ouverture d’une enquête.

Dans le même temps, le nouveau pouvoir peine à constituer un gouvernement.  Alors que Mohamed Morsi, a été déposé par l’armée mercredi, le parti Al- Nour s’oppose aux propositions de Premier ministre, qu’il s’agisse de Mohamed El Baradei, l’ancien dirigeant de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ou de l’économiste Ziad Bahaa Eldin. Ce lundi, Al-Nour s’est même retiré des discussions.

Sur le terrain, les pro-Morsi sont parvenus à capturer brièvement deux soldats de l’armée, avant que ceux-ci ne s’évadent. Le parti de la justice et de la liberté (PLJ), vitrine politique des Frères musulmans, a appelé dans une déclaration écrite au «soulèvement du grand peuple d’Egypte contre ceux qui sont en train d’essayer de lui voler sa révolution avec des chars». Le PLJ «presse la communauté internationale, les groupes internationaux et tous les hommes libres du monde d’intervenir pour empêcher d’autres massacres (et) l’apparition d’une nouvelle Syrie dans le monde arabe».

Dimanche, partisans et opposants au pouvoir mis en place par l’armée s’étaient rassemblés en nombre dans la capitale égyptienne, mais aussi à Alexandrie, la deuxième ville du pays.

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16h53. L’armée appelle les pro-Morsi à lever les sit-in. Selon un porte-parole, elle promet aux manifestants qui campent toujours sur plusieurs places du Caire qu’il n’y aurait «pas de poursuites» engagées contre eux. «Nous ne permettrons aucune menace contre la sécurité nationale égyptienne quelles que soient les circonstances», explique-t-il.

16h45. L’armée tient actuellement une conférence de presse pour livrer sa version des faits. A la demande de plusieurs journalistes présents, notamment de l’agence officielle Mena, les reporters de la chaîne Al-Jazeera ont été «virés».

16h40. Les heurts survenus lundi matin ont fait au moins 51 morts et 435 blessés, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé.

16h30. Des milliers de personnes manifestent à Sanaa (Yemen) en solidarité avec le président égyptien destitué Mohamed Morsi, à l’appel du parti islamiste Al-Islah, présent dans le gouvernement yéménite.

15h55. Le grand imam d’Al-Azhar se place «en retraite» jusqu’à la fin des violences.
Dans un communiqué qu’il a lu sur la télévision d’Etat, il vient d’annoncer sa décision de se mettre en réserve. Il avait apporté jeudi sa caution à la mise en place d’une «feuille de route» négociée avec l’armée et l’opposition pour mener la transition après le coup militaire qui a renversé le président Mohamed Morsi.

15h30. 43 civils et un militaire tués,  plus de 300 blessés. C’est le bilan provisoire des affrontements de ce matin que dresse le New York Times, en se basant sur des sources sécuritaires et policières.

15 heures. Le plus grand flou demeure sur les événements de ce matin
. Les Pro-Morsi et plusieurs témoins affirment qu’ils étaient désarmés quand l’armée a ouvert le feu. Les forces de l’ordre soutiennent avoir été attaquées. Une vidéo montrant des pro-Morsi tirant sur les soldats, devant le siège de la Garde Républicaine, circulerait en ligne, selon le tweet d’un journaliste expatrié relayé par France Info.

14h45. Il n’y aurait pas d’enfants parmi les victimes
des affrontements de ce matin, près du siège de la Garde républicaine, selon les services d’urgences. Les Frères musulmans faisaient état plus tôt de plusieurs décès d’enfants.

14h10. Le Qatar demande de «protéger les manifestants». Le Qatar, principal soutien des Frères musulmans, «dénonce avec force ces actes déplorables qui ont fait des victimes innocentes», a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Doha. Il demande aux autorités égyptiennes de «protéger les manifestants pacifiques et leur droit à s’exprimer» et à «préserver les acquis de la révolution du 25 janvier 2011», qui avait provoqué la chute d’Hosni Moubarak et abouti à la victoire des islamistes aux élections de 2012. Le Qatar avait réagi en termes mesurés à la déposition de Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, dont le départ a été accueilli avec satisfaction par certains de ses voisins comme l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. La presse du Qatar, qui reflète les vues officielles,évoque les risques d’un scénario à l’algérienne, en référence aux dix années de conflit qui avaient suivi dans les années 1990 l’interruption du processus électoral dans lequel les islamistes étaient favoris.

14h08. «Nous étions sur le point de terminer la prière du matin quand les tirs ont commencé. C’était un feu nourri», explique l’une des victimes des tirs de ce matin au reporter du Guardian.14 heures. Le président par intérim demande une enquête. Le président égyptien par intérim, Adly Mansour, demande qu’une enquête ait lieu sur les violences de ce lundi matin. «Le président de la République a chargé une commission juridique d’enquêter sur les événements survenus devant (le siège) de la Garde républicaine», a annoncé la télévision

13h50. L’Union européenne (UE) condamne les violences et réfléchit à l’aide qu’elle livre à l’Egypte.
Il «n’est pas prévu de changer notre dispositif d’aide», déclare la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. «Cela peut toujours se produire», mais «pour le moment, nous allons continuer à fournir une assistance à la mise en place de la démocratie», selon Michael Mann, son porte-parole. Il précise que l’UE ne fournit pas d’aide pour le budget de l’Etat égyptien en raison du manque de progrès des réformes, mais apportait une assistance aux ONG et aux organisations de la société civile. L’UE avait prévu de fournir près de 5 milliards d’euros, sous forme de prêts et de dons, pour la période 2012-2013. Par ailleurs, il précise que «nous condamnons et nous regrettons la violence. On exige que le processus politique soit suivi de façon pacifique».

13 heures. Récupérations politiques en Mauritanie. Un ensemble de partis d’opposition n’hésite pas à comparer le président  Mohamed Ould Abdel Aziz au général égyptien Abdel Fattah al-Sissi,  l’accusant de se dresser «contre la démocratie» comme l’armée en Egypte. L’opposition mauritanienne, pro-Morsi, appelle également l’armée égyptienne à «se consacrer à la défense de son pays et de la nation arabe et à éviter le chaos» pour le pays.

Turquie, Iran et Hamas condamnent les forces de l’ordre égyptiennesAprès la Turquie, qui a condamné dans la matinée  le «massacre» d’opposants à la prise de pouvoir par les militaires, l’Iran a également jugé «inacceptable» l’intervention des forces armées dans les affaires politiques égyptiennes, après les tirs de l’armée et de la police contre une manifestation de partisans du président déchu Mohamed Morsi.«L’intervention des forces armées dans les affaires politiques est inacceptable et inquiétante», selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, pour qui «la bipolarisation de la société égyptienne» est  «dangereuse». Le Hamas condamne également le «massacre de dizaines de civils égyptiens pacifiques aujourd’hui à l’aube». Le mouvement islamiste palestinien « exprime sa profonde douleur et tristesse pour ces victimes et appelle à épargner le sang du peuple égyptien».

12h35. Les manifestants étaient-ils armés ? Selon le correspondant du «New York Times», David K. Kirkpatrick, de nombreux témoins, y compris des personnes qui «détestent» les Frères musulmans, assurent que les manifestants n’étaient pas armés avant le début des violences qui ont fait au moins 42 morts.12h25. En Europe, le prix du pétrole baisse. Malgré les tensions croissantes en Egypte, les prix du pétrole reculent sur les marchés européens. Des analystes mettent en avant quelques prises de bénéfice, alors que, la semaine dernière, le baril avait atteint un plus haut depuis plus d’un an.

11h50. El Baradei demande une enquête. Le responsable politique égyptien Mohamed El Baradei, pressenti un temps au poste de Premier ministre, a demandé sur son compte Twitter une enquête après les violences qui ont fait au moins 42 morts. «La violence engendre la violence et doit être condamnée avec fermeté. Une enquête indépendante s’impose. La transition pacifique est la seule voie», a écrit le lauréat du prix Nobel de la paix.

11h45. Les soldats capturés s’échappent.
Les deux soldats détenus par des partisans du président déposé, Mohamed Morsi, ont réussi à prendre la fuite. Il sont «parvenus à s’échapper», a annoncé un haut responsable de l’armée.

11h25. La Turquie condamne le «massacre». Le ministre turc des Affaires étrangère, Ahmet Davutoglu, a condamné, sur Twitter le «massacre» d’opposants à la prise de pouvoir par les militaires. Il a également appelé à une normalisation du processus de démocratisation en Egypte, qui respecte la volonté du peuple égyptien. «L’Egypte représente l’espoir des aspirations montantes à la démocratie au Moyen Orient, et la Turquie sera toujours solidaire du peuple égyptien», a-t-il ajouté.

11h15. Le QG des Frères musulmans fermé. Un haut responsable de la sécurité égyptienne indique que différents types d’armes y ont été découvertes. Il s’agit de «liquides inflammables, de couteaux et d’armes».

10h45. Les militaires capturés contraints de lire une déclaration.
Les deux soldats capturés par les manifestants, Samir Abdallah Ali et Azzam Hazem Ali, ont été embarqués dans une voiture et contraints de prononcer une déclaration en faveur de Mohamed Morsi, le président déposé, et hostile à l’armée dans des haut-parleurs. L’un d’eux a été frappé violemment et filmé pendant qu’il parlait.

10h30. Deux soldats aux mains des pro-Morsi. Un responsable de l’armée assure que les manifestants en faveur du président déposé par l’armée ont «capturé» deux militaires.

10h20. Le bilan monte à 42 morts. Un haut responsable des services d’urgence évoque le nombre de 42 morts lors des violences à proximité de la Garde Républicaine, sans préciser s’il s’agit exclusivement de partisans du président déchu. Pour les Frères musulmans, des soldats et des policiers ont tiré «à balles réelles». «Ce bilan devrait augmenter», ajoutent-ils.

9h55. Marine Le Pen redoute, «un jour», «des conflits» comme en Egypte.
La patronne du FN craint qu’une situation semblable à celle de l’Egypte ne se produise «un jour» en France, a-t-elle expliqué sur France Info. Evoquant deux projets de société, «l’un qui tend vers la modernité et la laïcisation, et l’autre qui tend vers l’islamisation», la présidente du Front National a déclaré que «si l’on ne met pas fin immédiatement aux revendications des fondamentalistes islamiques dans notre pays, un jour, dans un certain nombre de territoires, peut-être demain dans l’intégralité du territoire, on pourrait se trouver confrontés à deux projets de société qui seraient tout autant incompatibles et qui pourraient générer, comme (…) en Egypte, des conflits».

VIDEO. Marine le Pen redoute une situation similaire en France

9h25. Le Frères musulmans appellent à un soulèvement.
Les Frères musulmans égyptiens ont appelé à un «soulèvement» après les tirs de l’armée qui ont tué, selon eux, au moins 35 manifestants au Caire.egypte-freres musulmans

9h05. Le bilan monte à 35 morts. Selon les Frères musulmans, le bilan des tirs aux abords de la Garde Républicaine s’élève désormais à 35 morts.

8h50. L’armée dit avoir été attaquée. L’armée égyptienne dit avoir été attaquée par des «terroristes» aux abords du siège de la Garde Républicaine. «A l’aube, un groupe de terroristes armés a essayé d’envahir le (bâtiment) de la Garde républicaine, attaquant les soldats et la police, provoquant la mort d’un officier et blessant plusieurs conscrits, dont six sont dans un état critique», annonce l’armée dans un communiqué.

Les violences à l’aube, au Caire, ont fait au moins 16 morts parmi les partisans du président déchu. (AFP/MAHMOUD KHALED.)

8h20. Al-Nour se retire des discussions. Sur Twitter, les salafistes d’Al-Nour annoncent qu’ils se retirent des discussions en vue de la formation d’un gouvernement. Cette décision intervient à la suite des affrontements à proximité du siège de la Garde Républicaine, au Caire, qui ont fait au moins 16 morts. Ils dénoncent «un massacre».

7h40. Au moins 16 morts au Caire. Alors que des partisans du président déchu étaient rassemblés aux abords du siège de la Garde Républicaine, au Caire, des violences ont éclaté, à l’aube, causant la mort d’au moins 16 personnes.

6 heures. Le pétrole en hausse. Les prix du pétrole augmentent en Asie. Ils ont déjà pris 2% vendredi et poursuivent leur hausse ce lundi. L’Egypte n’exporte pas de pétrole mais dispose, en plus du canal de Suez, d’un important réseau d’oléoducs et se situe au coeur de l’acheminement de brut d’Afrique du Nord et de la région du Golfe.

LeParisien.fr|C.G. et T.d.L. | Publié le 08.07.2013, 09h24 | Mise à jour : 17h25