Affaire Snowden: les Etats-Unis accusés d’espionner l’Union européenne

Dernier rebondissement en date dans l’affaire Snowden : les Etats-Unis espionnent l’Union européenne. C’est l’hebdomadaire allemand Der Spiegel qui a révélé l’affaire ce samedi 29 juin, après avoir eu accès à un document classé strictement confidentiel de la NSA, que l’ex-agent américain Edward Snowden aurait en sa possession.

Edward SnowdenCourriers électroniques, documents internes, conversations téléphoniques, rien n’échappe à l’œil de Washington. Selon les révélations du journal allemand Der Spiegel, le document de la NSA, daté de 2010, explique comment l’agence de sécurité s’y est prise pour espionner son allié européen.

Le dispositif a permis d’infiltrer les réseaux informatiques de l’UE à Bruxelles, et de placer des systèmes d’écoute dans ses bureaux, y compris dans l’immeuble du Conseil européen où les chefs d’Etat disposent de lignes téléphoniques sécurisées. Des écoutes qui concernent également les représentations de Bruxelles à Washington et à l’ONU.

Les relations avec les Etats-Unis menacées

Ces révélations ont suscité une vague d’indignation. Martin Schulz, le président du Parlement européen, a exigé des éclaircissements de Washington, ajoutant que l’affaire pourrait avoir un « impact sérieux » sur les relations entre l’Europe et les Etats-Unis.

De son côté, l’eurodéputé du groupe des Verts Daniel Cohn-Bendit exige que l’on gèle les négociations sur un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, lancées lors du G8 en Irlande, tant que les Européens n’obtiennent pas des garanties suffisantes sur la protection des données des citoyens.

Plus ironique, les socialistes européens proposent eux, de dévoiler le mandat de négociation de cet accord transatlantique, puisque Washington a déjà certainement dû en prendre connaissance via ses services secrets. Beaucoup de responsables européens se disent également choqués.

Il ne s’agit pourtant pas de la première affaire du genre. En 2003, les responsables de la sécurité à Bruxelles avaient découvert des systèmes d’écoute dans les bureaux de plusieurs états membres.

Washington sommée de s’expliquer

Jeudi dernier, le directeur de la NSA avait longuement justifié le système de surveillance américain, uniquement destiné, selon lui, à lutter contre le terrorisme. Depuis 2001, cette surveillance aurait permis de déjouer 54 opérations terroristes, et conduit à de nombreuses arrestations sur différents continents. Selon Washington, le programme Prism visait à lutter contre le terrorisme. On ne voit pas bien ici, le lien avec l’Union européenne.

Washington va donc devoir expliquer en quoi les conversations des chefs d’Etats européens seraient une menace pour la sécurité américaine. La ministre allemande de la Justice, Sabine Leutheusser-Schnarrenberge, a exigé aujourd’hui des explications immédiates des autorités américaines sur des révélations de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Par RFI