Affaire Denis Lessie: le ministère public confirme les infractions et s’oppose à la liberté provisoire

Le ministère public, s’oppose à la liberté provisoire que sollicite le pasteur Denis Lessie. Ce dernier soutient que son état de santé est précaire. D’où, il doit être en liberté afin de poursuivre des soins appropriés, notamment, en Afrique du Sud. Il n’est pas question pour l’auditeur militaire qui pense que ce prévenu doit, s’il le faut, subir les soins médicaux à son lieu d’incarcération, soit à la prison militaire de Ndolo. Dans la mesure où sa fuite est à craindre. 

Lessie«Même s’ils sont malades, ils doivent être traités ici… », a soutenu le ministère public, au cours de l’audience publique, tenue hier jeudi 30 mai, à la prison militaire de Ndolo. Où sont détenus Denis Lessie et ses co-accusés.
En effet, les avocats de Denis Lessie et adjudant Kasongo Wa Ngoy, ont au cours de l’audience publique d’hier jeudi 30 mai, sollicité la liberté provisoire en faveur de leurs clients qui, se trouveraient être dans un état de santé précaire.

Ces avocats fondent leur demande sur les motifs qu’ils qualifient d’humanitaires. Ils (les avocats de Lessie) soutiennent que leur client est victime d’une intoxication chimique dans son corps depuis des années. Ce qui perturbe régulièrement son fonctionnement humain. D’où, il doit poursuivre des soins appropriés, notamment en Afrique du Sud, où il en a l’habitude. «Notre client a même été privé de prendre ses médicaments pendant cette détention», a fait savoir au juge, l’un des avocats de Lessie. A défaut de la liberté provisoire, Denis Lessie par le biais de ses avocats, a sollicité qu’il lui soit accordé même la liberté dite contrôlée. «Nous n’avons pas les moyens suffisants pour contrôler Denis Lessie, comme cela se passe ailleurs, où à partir de mon bureau je peux connaitre où il se trouverait», estime le ministère public qui pense que la fuite de Denis Lessie est à craindre. Décidément, il a demandé que Lessie soit maintenu en détention.
La même fin de non recevoir a été plaidée contre Kasongo wa Ngoy dont les avocats ont sollicité sa liberté provisoire, au motif qu’il venait de commettre un accident de circulation. Et qu’il serait d’ailleurs, sous traitement, depuis avant même qu’il ne soit arrêté. Enfin, Okunimo qui a également sollicité sa mise en liberté provisoire, a vu le ministère public s’y opposer. Pas question pour le ministère public, qui a demandé au tribunal de maintenir Lessie et ses co-accusés en détention.
A leur tour, les avocats de Jean Baptiste Ntahwa ont abondé dans le même sens que le ministère public. Tout simplement, «si jamais ils sont libérés, les intérêts de leur client seront hypothéqués».

L’homme de dieu que de Dieu.

Par ailleurs, les avocats de la défense ont également plaidé pour irrégularité de la procédure antérieure à la saisine du tribunal militaire. Ils ont récusé les procès verbaux d’audition de leurs clients, dressés à l’Agence nationale des renseignements (ANR). Comme quoi, ces procès n’ont pas repris la mention dite sacramentelle qu’impose l’article 2 du code de procédure pénale à un Officier de police judiciaire (OPJ). Laquelle mention veut que les procès verbaux se terminent par le serment écrit : «je jure que le présent procès verbal est sincère». Ce qui ne semble pas être le cas. Comme conséquences, les avocats de la défense ont demandé au juge de déclarer nuls ces procès verbaux. A cette que question, le ministère public a fait savoir qu’à cela ne tienne, les prévenus n’ont jamais contesté les contenus de ces procès verbaux. «Dans leur mémoire, les avocats des prévenus ont identifié Denis Lessie par l’homme de dieu que de Dieu», souligne le ministère public qui brocarde : «le Dieu que moi je sers, c’est un grand Dieu, en majuscule. Si c’est un dieu en minuscule, donc, c’est un dieu des escrocs…». Les trois prévenus sont poursuivis pour «association des malfaiteurs», «escroquerie», «incitation des militaires à commettre des actes contraires à la morale et la discipline» ainsi que la «violation des consignes». Pour toutes ces infractions, la peine qui absorbe les autres est celle de mort qu’encourent-ils.

Le ministère public confirme toutes les infractions

Le ministère public a dans son avis rendu sur le banc, hier jeudi 30 mai 2013, au procès du pasteur Denis Lessie à la Prison militaire de Ndolo, confirmé toutes les infractions mises à charge du prévenu et ses co-accusés. Il a en outre, sollicité le rejet des requêtes liées à la liberté provisoire introduites par la défense. A cette audience foraine, le Tribunal de garnison militaire de Gombe étant suffisamment éclairé sur la forme, a clos les débats et promis de rendre sa décision avant dire droit le jeudi 13 juin 2013. Le dossier de cette affaire est enregistré sous le RP 583/2013.

Accusés d’escroquerie, association des malfaiteurs, incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline de leur travail, le célèbre télévangéliste Denis Lessie et ses complices, à savoir Adjunda Kasongo wa Ngoy, ancien chauffeur d’escorte présidentielle et Okunimo Mambusa qui se faisait passer pour le frère du chef de l’Etat, ont sollicité la liberté provisoire pour différents motifs. Pour le prévenu Denis Lessie, c’est pour sa santé qui nécessite des traitements adéquats en Afrique du sud. Ses avocats ont soutenu que leur client est victime d’une intoxication chimique qui a causé des dégâts dans son organisme. Ils ont imploré le tribunal d’accorder la liberté provisoire sollicitée par leur client pour assurer son droit en tant qu’humain. Ils ont ajouté qu’au cas où le tribunal passerait outre cette requête, qu’il lui plaise d’accorder même une liberté contrôlée, parce que c’est un prévenu malade.
Pour répliquer aux moyens soulevés par les conseils des prévenus, les avocats de pasteur Ntawha ont demandé au tribunal de ne pas accéder aux demandes de mise en liberté provisoire au motif que les faits mis à charge des prévenus sont très graves et punissables de 20 ans de SPP. Et qu’il y a lieu que le tribunal puisse entamer le débat au fond, afin de lui permettre de dégager toutes les infractions commises par chaque prévenu. Ils restent persuadés que si cette liberté leur était accordée, ils organiseraient leur fuite et se soustrairaient à la justice. Et le procès se terminera en queue de poisson.

Les avocats de la défense ont fait savoir que devant l’OPJ de l’ANR, leur client a été auditionné seul sans l’assistance d’un avocat pour des raisons non avouées, alors que la loi accorde à chaque individu, le droit de se faire assister par un conseil pour garantir sa défense. Selon les conseils de Denis Lessie, le même OPJ avait fabriqué de fausses preuves attestant sa culpabilité comme auteur des faits lui incriminés. Ils ont estimé que ce comportement constitue une violation.de la loi dans toute son entièreté. Et cela, dans la mesure où cet OPJ n’a pas respecté la procédure légale lorsqu’il a refusé d’utiliser la formule sacramentale comme l’indique la loi. Pour ce motif, ils ont demandé le rejet des procès- verbaux de l’ANR, et signalé au juge des céans que leur client a été présenté à la presse d’une façon irrégulière. C’était le 4 avril dernier, dans l’enceinte du ministère des Affaires intérieures. Ses images ont défilé partout, et on lui a imputé des faits qui ne sont pas fondés. Pour son honneur bafoué, ils ont demandé au tribunal d’ordonner l’interdiction formelle de diffuser des images de ce présumé innocent, parce qu’elles ont été prises en violation de la loi.
Par rapport à ces interventions, les conseils de Ntawha relèvent que ces arguments ne tiennent pas debout, et sont des manœuvres dilatoires pour échapper à la rigueur de la justice. Selon eux, l’OPJ de l’ANR a bien fait son travail, parce que la Constitution donne deux possibilités au prévenu, soit de comparaître seul, ou d’être assister par son avocat. D’ailleurs, le juge ne peut pas fonder son intime conviction sur les seuls PV de l’OPJ, mais sur l’instruction du dossier à l’audience, Ils ont demandé au tribunal de dire recevable la demande de la défense et la déclarer non fondée, parce que la gravité des faits commis par les prévenus peut être une raison suffisante pour la privation de liberté.
Au cours de cette même audience, une deuxième partie civile en la personne de Drolia, victime d’escroquerie de deux jeeps achetées auprès de Denis Lessie et qui ont été saisies par l’ANR, pour des raisons d’enquête. Il a sollicité la restitution de ces deux véhicules, une Hundai et une Hummer. Pour l’OMP, cette demande est prématurée, étant donné que l’instruction n’est pas entrée dans le fond.

En ce qui concerne le prévenu Kasongo wa Ngoy, son avocat a abondé dans le même sens que ses confrères qui défendent les intérêts de Denis Lessie. Il a demandé au tribunal d’accorder la liberté provisoire à son client pour éviter sa mort précoce. Souffrant, il doit aller se faire soigner en inde. Les avocats de Okunimo Mambusa ont aussi sollicité en faveur de leur client, la mesure de mise en liberté provisoire pouvant lui permettre de poursuivre ses études de droit à l’Unikin, parce qu’il est en classe terminale.
Appelé à donner ses avis, le ministère public a rejeté en bloc tous ces moyens développés par la défense. Il a démontré que Denis Lessie et ses complices sont auteurs des infractions leur reprochées. Il a estimé que le fait pour l’OPJ de refuser l’accès aux avocats à l’ANR, lors de l’audition de Denis Lessie, ne constitue en rien une violation d’un quelconque texte légal. Parce que l’article 19 de la Constitution stipule que le prévenu peut soit comparaitre seul devant l’OPJ ou soit se faire assister par un conseil. La demande du rejet de ces PV n’est pas légale, mais irrégulière. Ces PV ne contiennent aucune irrégularité, parce qu’aucune loi n’a été massacrée. Et le droit de la défense n’a pas été bafoué. Il a demandé au tribunal de faire application du bon droit, parce que le contenu de ces fameux PV n’a pas été violé. Pour l’OMP, le prévenu est réellement chef de bande des escrocs. Il n’est pas présumé innocent, parce qu’il connait très bien les faits lui imputés. Il y a eu une entreprise criminelle dans le chef de cette association. Enfin, l’organe de la loi a demandé au juge de rejeter ces moyens, estimant que les prévenus malades doivent se faire soigner à la prison, parce qu’il y a des médecins même à la prison.
Il en a profité pour ironiser que les prévenus qui étaient en bonne santé, pendant les faits, sont curieusement tombés malades à la prison.
Dans son avis, il a proposé qu’ils soient soignés à la prison.

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