A cause d’une justice malade en RDC, les funérailles de Chérubin Okende ont lieu huit mois après sa mort

A cause d’une justice malade en RDC, les funérailles de Chérubin Okende ont lieu huit mois après sa mort

Des dirigeants de l’opposition congolaise et leurs partisans ont participé mercredi 20 mars dans la cathédrale de Kinshasa aux obsèques de l’opposant Chérubin Okende, mort en juillet 2023 et dont la justice a conclu au « suicide », loin de la thèse de l’assassinat avancée par ses proches. Chérubin Okende était le porte-parole d’Ensemble pour la République, parti de l’opposant Moïse Katumbi, richissime homme d’affaires et candidat malheureux à la présidentielle de décembre en République démocratique du Congo (RDC). La justice a conclu au « suicide » de l’homme politique, loin de la thèse de l’assassinat avancée par ses proches. Son corps avait été retrouvé au volant de sa voiture sur un boulevard de Kinshasa.

Ministre des transports démissionnaire sous le premier quinquennat de Félix Tshisekedi, M. Okende avait été retrouvé mort le 13 juillet 2023, le corps ensanglanté, assis au volant de sa voiture sur un boulevard de Kinshasa. Des voix s’étaient alors élevées pour exiger une enquête indépendante.

Le parquet congolais a annoncé le 29 février que « l’autopsie » et « les expertises » avaient établi que Chérubin Okende s’était « suicidé », ce que rejettent ses proches. « Nous ne croyons pas du tout qu’il s’est suicidé. Chérubin a été assassiné, il a été tué de la manière la plus sauvage », a déclaré Georges Onyema, représentant de la famille, lors des funérailles.

« Conclusion absurde de l’enquête »

Cette thèse a également été reprise par le cardinal Fridolin Ambongo, l’archevêque de Kinshasa, dans son homélie : « La conclusion absurde de l’enquête est la preuve que la justice de notre pays est vraiment malade », a-t-il souligné. « Comment comprendre qu’un père de famille aussi attentionné que Chérubin, qui venait de marier sa fille, se soit tiré des balles sur lui-même, après une longue promenade dans la ville ? », s’est interrogé le prélat. Sur des banderoles brandies à l’extérieur de la cathédrale, on pouvait lire « Chérubin Okende victime de l’intolérance », et qu’il avait « résisté au mal jusqu’au sacrifice suprême ».

En lien avec cette affaire, le journaliste congolais Stanis Bujakera, correspondant du magazine Jeune Afrique à Kinshasa, a été arrêté en septembre 2023, jugé et condamné ensuite à six mois de prison. Il est sorti de prison mardi 19 mars et a rejoint le lendemain la rédaction du journal en ligne Actualité.cd, dont il est directeur de publication adjoint.

M. Okende avait démissionné de son poste de ministre des transports en décembre 2022, alors que M. Katumbi, chef de sa formation politique, venait d’annoncer sa candidature à la présidentielle et le retrait de son parti de la coalition au pouvoir.

Ancien gouverneur de la région minière du Katanga, Moïse Katumbi était présent à la messe des funérailles aux côtés d’autres figures de l’opposition, notamment Jaynet Kabila, sœur jumelle de l’ancien président Joseph Kabila, ou encore Martin Fayulu, un autre candidat malheureux à la présidentielle de décembre 2023.

(Avec AFP)

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