RDC: Mgr Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, nommé Cardinal par le Pape François

RDC: Mgr Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, nommé Cardinal par le Pape François

Le Pape François a annoncé, dimanche 1er septembre après la prière de l’Angélus, la nomination des dix nouveaux Cardinaux électeurs. Les nouveaux cardinaux seront créés lors d’un consistoire, qui se tiendra le 5 octobre prochain au Vatican. L’Archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo est l’un des futurs cardinaux qui seront créés le 5 octobre 2019.

Comme il est devenu habituel dans sa manière de procéder, le Pape a annoncé le dimanche 1erseptembre 2019 les noms des 13 nouveaux cardinaux qui seront créés au consistoire du 5 octobre 2019. Les réactions n’ont pas tardé à se manifester. L’archevêque de Kinshasa en République démocratique du Congo, a été surpris par les différents messages et appels de félicitations alors qu’il n’avait rien reçu d’officiel. Au-delà de la surprise, il a accueilli cette nouvelle avec beaucoup d’humilité.

Tout en remerciant le Saint-Père pour cette élévation, il reconnait que c’est une reconnaissance de la part du Saint-Père pour l’engagement de l’Eglise congolaise pour le bien-être de la population qui souffre. Pour lui, c’est vraiment un encouragement d’une Eglise qui doit être au côté du peuple. Le fait d’être cardinal, pour Mgr Ambongo, lui donnera l’opportunité de faire entendre davantage la voix du peuple congolais auprès du Saint-Père et auprès de toute l’Eglise universelle. Il voudrait, comme cardinal, être un humble serviteur à côté du son peuple, assisté du Seigneur, le seul Maître de ce monde.

Ils seront créés cardinaux lors d’un consistoire qui se tiendra le 5 octobre prochain au Vatican. «Leur provenance exprime la vocation missionnaire de l’Église qui continue à annoncer l’amour miséricordieux de Dieu à tous les hommes de la terre», a déclaré le Souverain Pontife avant de dévoiler la liste des futurs cardinaux.

Qui sont les 10 nouveaux cardinaux électeurs

1.Le défenseur du peuple congolais
Mgr Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa (RD-Congo)

Avec Mgr Fridolin Ambongo, le pape accorde la pourpre à une figure majeure de l’Église africaine. Ce religieux capucin de 59 ans a été l’un des artisans de l’accord de la Saint-Sylvestre qui devait, en décembre 2016, organiser le départ de Joseph Kabila et la transition démocratique. Après la violation de cet accord, c’est l’Église, soutenue par Mgr Ambongo et son prédécesseur, le cardinal Monsengwo, qui a organisé la contestation dans la rue, sévèrement réprimée. Et quand des élections présidentielles ont enfin eu lieu, cet inlassable défenseur du peuple et de la démocratie a encore critiqué ouvertement la manière dont elles se sont déroulées. Tout en affichant sa volonté de travailler au mieux avec le nouveau chef de l’État, Félix Tshisekedi.

2.L’homme du pape sur les migrants
Père Michael Czerny, sous-secrétaire du Dicastère pour le développement humain intégral

Né en Tchécoslovaquie et ayant grandi au Canada, le jésuite Michael Czerny (73 ans) est lui aussi un de ces migrants dont il est aujourd’hui l’avocat au nom du pape. Entré chez les jésuites dès 1963, il y a connu plusieurs vies : à l’Université catholique du Salvador où il est envoyé deux ans après le massacre de six de ses confrères, il dirige l’Institut des droits de l’homme ; il est ensuite responsable des questions de justice sociale de son ordre à Rome puis part au service des malades du sida au Kenya. En 2016, alors qu’il collabore déjà avec le dicastère pour le développement humain intégral, François l’y nomme sous-secrétaire, chargé de la section des migrants et réfugiés. Depuis, il travaille en très étroite collaboration avec lui, mettant en œuvre son discours exigeant sur le sujet.

3.L’artisan du dialogue
Mgr Miguel Ayuso Guixot, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux

Ce Sévillan à l’allure réservée, entré tôt chez les missionnaires comboniens, a de l’islam une expérience de terrain autant qu’universitaire et diplomatique. Il a su renouer les liens entre Rome et Al-Azhar après la rupture de 2012. En mai dernier, François l’a naturellement choisi pour succéder au cardinal Tauran, mort un an plus tôt, et mettre en œuvre le Document sur la fraternité humaine d’Abu Dhabi.

4.Le rénovateur de l’Église cubaine
Mgr Juan de la Caritad Garcia Rodriguez, archevêque de La Havane (Cuba)

Trois ans après l’avoir nommé archevêque de La Havane, le pape François va créer cardinal celui qui est considéré comme le patient reconstructeur de l’Église cubaine. Pour re-catéchiser l’île après cinquante ans de communisme, il a imaginé un programme d’évangélisation des jeunes par les grands-parents. Engagé auprès des victimes de l’ouragan Ike en 2008, il a aussi beaucoup développé les aumôneries pénitentiaires.

5.Un soutien de la décentralisation
Mgr Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo, archevêque de Djakarta (Indonésie)

En 2014, le pape François l’avait nommé membre de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. Une nomination dans la logique de sa participation, deux ans plus tôt, au synode sur la nouvelle évangélisation. Il y avait prôné une plus grande autonomie des conférences épiscopales, sujet cher à François.

6.Une voix pour l’Europe
Mgr Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg

Francophone et europhile, Mgr Hollerich détient, à 61 ans, la responsabilité de porter la parole de l’Église dans une Europe en crise. Car l’archevêque luxembourgeois, jésuite et ancien missionnaire au Japon, préside depuis mars 2018 la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (Comece). Avant les dernières européennes, il avait appelé les chrétiens à s’engager pour l’Europe, dans une lettre cosignée avec huit évêques.

7.Un allié pour dialoguer avec l’islam
Mgr Cristobal Lopez Romero, archevêque de Rabat (Maroc)

C’est dans la droite ligne du Document sur la fraternité humaine d’Abu Dhabi que le pape a choisi ce religieux salésien, avocat de la cohabitation harmonieuse avec l’islam, qu’il avait lui-même nommé archevêque de Rabat en 2017, avant de s’y rendre en voyage en mars dernier.

8.L’évêque des pauvres
Mgr Matteo Zuppi, archevêque de Bologne (Italie)

Petit-neveu du cardinal Confalonieri, qui fut doyen des cardinaux sous Paul VI et Jean-Paul II, Matteo Zuppi n’a pas eu son chapeau par héritage. Membre de la Communauté de Sant’Egidio, il en a partagé les combats tant comme médiateur de paix au Mozambique qu’auprès des pauvres. Il avait été nommé en 2015 archevêque de Bologne, capitale du catholicisme social italien, où il continue à souligner la proximité de l’Église avec les pauvres.

9.Une culture d’ouverture
Mgr José Tolentino Mendonça, archiviste et bibliothécaire du Vatican

« Un Anselm Grün lusophone, un coach spirituel qui a le souci de rendre l’Évangile accessible à tous », résume un éditeur à propos de ce prêtre portugais, poète et universitaire, qui avait prêché en 2018 la retraite de Carême de la Curie. Quelques semaines plus tard, le pape l’avait nommé aux Archives du Vatican.

10.Un avocat des peuples indigènes
Mgr Alvaro Ramazzini, évêque de Huehuetenango (Guatemala)

Cet évêque de 72 ans, au profil très « bergoglien », est un grand défenseur des indigènes guatémaltèques, infatigable opposant aux multinationales minières qui ravagent l’environnement. Ce qui lui a valu des reconnaissances internationales, mais aussi des menaces de mort.

A ces nouveaux membres du Collège cardinalice, le Pape adjoint encore 2 archevêques et un évêque «qui se sont distingués par leur service à l’Église». Il s’agit de :

1-    Mgr Michael Louis Fitzgerald – archevêque émérite de Nepte et ancien nonce apostolique.

2-    Mgr Sigitas Tamkevicius, sj – archevêque émérite de Kaunas (Lituanie)

3-    Mgr Eugenio Dal Corso, psdp – évêque émérite de Benguela (Angola)

«Prions pour les nouveaux cardinaux, afin que, en confirmant leur adhésion au Christ, ils m’aident dans mon ministère d’évêque de Rome pour le bien de tout le Saint Peuple fidèle de Dieu», a conclu le Pape François.

Monseigneur Fridolin Ambongo Besungu a été nommé archevêque coadjuteur de l’Archidiocèse de Kinshasa le 6 février dernier pour aider le Cardinal Monsengwo, archevêque métropolitain, dans sa mission pastorale. Bien avant cette promotion, il était vice-président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

(Avec RadioVatican et La Croix)