RDC: Martin Fayulu appelle à la « résistance pacifique » contre le « putsch électoral »

RDC: Martin Fayulu appelle à la « résistance pacifique » contre le « putsch électoral »

Accompagné d’une foule immense, Martin Fayulu est arrivé ce samedi 2 février vers 14 heures à la Place Sainte-Thérèse dans la commune de Ndjili à Kinshasa où il a tenu un meeting populaire devant des milliers de partisans. ils étaient plus de 20 000, selon les organisateurs. Certains partisans étaient munis de pancartes dénonçant un « putsch électoral » et comparant le président Félix Tshisekedi à Joseph Kabila. Une démonstration de force dans la ville province de Kinshasa, la capitale, où il a appelé le peuple congolais à la résistance pacifique jusqu’à obtenir la vérité des urnes. Dans son meeting, il a demandé à la population de résister et de ne pas reconnaître le pouvoir de Félix Tshisekedi.

C’est la première grande sortie de Fayulu et la coalition Lamuka depuis l’arrêt de la Cour qui a proclamé Félix Tshisekedi président de la république. Des milliers de ses partisans l’attendaient depuis avant-midi sur le lieu de meeting qui était annoncé à 11 heures. 

« Vous avez vu au Venezuela. Vous avez vu ? Ils se battent. Ils se battent pour leur vie. Que personne ne vous trompe. La première force, c’est nous même le peuple », a-t-il lancé.

S’adressant également à la communauté internationale, cette fois-ci en français, il a exigé le respect du vote des Congolais : « Respecter la souveraineté du Congo, c’est respecter la volonté du peuple, respecter le vote »Il a demandé aussi à la communauté internationale et particulièrement à l’Union africaine de ne pas tenir compte de l’arrêt de la Cour constitutionnelle validant les résultats publiés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) : « Je dis à la communauté internationale de ne pas accepter le gouvernement nommé par monsieur Kabila ».

Marin Fayulu a annoncé qu’il sera en tournée dans le pays pour mobiliser le peuple afin de faire triompher, a-t-il dit, la vérité des urnes.

http://www.youtube.com/watch?v=cz-1Fbwf5Ig

Il s’agit de sa plus grande sortie après la publication des résultats de la présidentielle. Les deux précédents rassemblements ayant été tenus au siège provincial du Mouvement de Libération du Congo (MLC), sur l’avenue de l’enseignement. A la Place Sainte-Thérèse, plusieurs milliers de militants se sont regroupés répondant à son appel. Plusieurs cadres de Lamuka ont fait le déplacement. 

Une minute de silence en mémoire d’Etienne Tshisekedi

Martin Fayulu a débuté son meeting à la Place Sainte Thérèse par une minute de silence en mémoire d’Etienne Tshisekedi décédé il y a deux ans à Bruxelles.

Depuis le boulevard Lumumba, il était accompagné des milliers de militants et est arrivé à la place Sainte-Thérèse pour le meeting de “vérité”.

Martin Fayulu conteste toujours les résultats publiés confirmés par la Cour constitutionnelle et revendique la victoire avec plus de 60%. Il a vaillamment dénoncé et accusé la CENI et la Cour constitutionnelle  d’avoir nommé des candidats qui n’ont pas été élus par le peule.

Martin Fayulu a appelé la population à la « résistance pacifique » contre le « putsch électoral » de la CENI en complicité avec la Cour constitutionnelle qui ont donné Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle.

« La constitution a donné le mot d’ordre. Je vais tenir le même meeting dans chaque province. Dans les jours à venir, nous allons donner le mot d’ordre pour chaque action à mener », a-t-il déclaré devant des milliers de militants rassemblés à la place Sainte-Thérèse dans la commune de N’djili.

Il a expliqué son mot d’ordre. « la résistance pacifique veut dire quelqu’un pour qui vous n’avez pas voté ne doit pas vous commander », a-t-il expliqué.

Fayulu dénonce le tribalisme et appelle à l’unité

Dans son allocution devant plusieurs militants réunis pour son meeting au terrain Sainte Thérèse à N’djili, Martin Fayulu s’est attaqué au tribalisme qu’il considère comme cause de division exploitee par les ennemis du Congo.

Fayulu s’est  félicité de la diversité au sein de Lamuka, sa coalition électorale et a appelé les Congolais à l’unité et a mis en garde contre les partisans de la division et du tribalisme.

« Les Congolais ont besoin de l’unité nationale. Ils ont besoin de la cohésion nationale. Faisons attention avec le vice de division. Faisons attention avec du tribalisme. La coalition de Lamuka que nous avons formée prouve que nous ne sommes pas tribalistes », a-t-il déclaré avant de présenter les membres de sa coalition présents à la tribune.

Le FCC=UDPS et Kabila=Tshisekedi

Des milliers de partisans ont commencé à converger vers le lieu du meeting. Certains étaient munis de pancartes dénonçant un « putsch électoral » et comparant le président Félix Tshisekedi à Joseph Kabila. Plusieurs milliers de militants de Lamuka étaient présents à la Place Sainte Thérèse à Kinshasa au meeting de Martin Fayulu, candidat à la présidentielle du 30 décembre 2018. A côté des chansons à la gloire de Fayulu, ils ont brandi des calicots et autres pancartes accusant Félix Tshisekedi de faire le jeu de Joseph Kabila. Plusieurs partis membres de Lamuka étaient présents : MLC, Nouvel Envol, Dynamique de l’Opposition, Mouvement Social, ARC sont visibles à travers leurs militants brandissant leurs drapeaux respectifs.

 « J’étais prêt à rencontrer Kabila, mais pas à Kingakati »

Martin Fayulu a expliqué au cours de son meeting de ce samedi 2 février 2018 à la Place Sainte Thérèse, la disponibilité qu’il avait pour une éventuelle rencontre avec Joseph Kabila avant la publication des résultats de la présidentielle du 30 décembre 2018. Il a même révélé le contenu de l’échange qu’il avait eu à ce propos avec la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, Leila Zerrougui.

Le Congo est un pays de droit. Nous à Lamuka, le pouvoir, c’est pour faire en sorte que les lois soient respectées. Il est dit dans la constitution que lui est un sénateur à vie. Ce sera comme ça. Il y a aussi le statut des anciens Chefs de l’Etat. Nous allons l’appliquer. Je vais le rencontrer pour lui dire qu’ici, ce n’est pas pour la vengeance. Nous allons reconstruire le pays. C’est ce que j’avais dit à Leila. J’attendais sa réaction. Ensuite, moi et Muzito nous sommes allés la rencontrer. Elle nous a dit qu’avant la publication des résultats, elle avait rencontré Kabila et lui avait rapporté que Fayulu était disposé à le rencontrer, mais jusqu’aujourd’hui sans suite », a t-il dit devant ses militants.

Selon le soldat du peuple, Joseph Kabila a refusé de le rencontrer  parce qu’il avait peur.

« Deux autres personnes sont venues chez moi à la maison, ce sont des amis. Ils m’ont dit que Kabila et les autres savent que c’est Fayulu qui a gagné, mais ils avaient peur. Ils savent que tu es intransigeant. Derrière toi, il y a aussi Bemba, Katumbi, Muzito, Mbusa et tous vous êtes forts. Ils ont peur. Je leur ai dit que nous voulons bâtir une nation digne et prospère », a t-il ajouté.

Martin Fayulu a demandé aussi à la population de résister et de ne pas reconnaître le pouvoir de Félix Tshisekedi.

La “vérité des urnes” va compenser la lutte d’Etienne Tshisekedi

Au cours du meeting à la place Sainte-Thérèse, Martin Fayulu a sensibilisé ses militants sur la nécessité de faire triompher ce qu’il appelle « la vérité des urnes ».

D’après lui, une fois acquise, cette « vérité des urnes » devra compenser les efforts de différentes personnalités, notamment Etienne Tshisekedi, qui ont lutté pour la démocratie.

Rejet de la main tendue de Tshisekedi

Devant une foule électrisée qui n’hésitait pas à réclamer les armes pour « arracher la victoire volée », selon elle par Félix Tshisekedi avec l’appui du président sortant Joseph Kabila. Martin Fayulu a rejeté toute possibilité d’une coalition avec l’actuel pouvoir de Felix Tshisekedi. Il a exigé la publication des résultats bureau par bureau et province par province. Il a refusé la main tendue par le Président Félix Tshisekedi :

« La main tendue, on la prend, quand, c’est propre. Quand ce n’est pas propre, on la prend pas ».

Martin Fayulu a appelé la communauté internationale à ne pas reconnaître ce gouvernement qui, selon lui, est nommé par Kabila. Il appelle aussi l’Union africaine de poursuivre ses négociations.

« Respecter la souveraineté du Congo, c’est respecter la volonté du peuple congolais, respecter le vote du peuple congolais (…) Etienne Tshisekedi a beaucoup lutter pour la démocratie. Accepteriez-vous que cette lutte soit vaine? », interroge-t-il ses militants qui répondent négativement, tous à l’unisson.

bakolokongo