RDC: l’opposant Katumbi sera emprisonné s’il rentre au pays

RDC: l’opposant Katumbi sera emprisonné s’il rentre au pays

moise KatumbiL’opposant congolais Moïse Katumbi, candidat déclaré à l’élection présidentielle, sera emprisonné s’il revient en République démocratique du Congo, a déclaré lundi le ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba.

M. Katumbi, ancien allié devenu opposant du président Joseph Kabila et candidat à la présidentielle censée se tenir cette l’année, a été condamné le 22 juin à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière, un mois après son départ à l’étranger, officiellement pour se faire soigner.

« Si M. Katumbi rentre en RDC, il sera acheminé en prison, telle est la loi », a déclaré le ministre à l’AFP, réfutant une condamnation politique.

« Il ne s’agit pas spécialement d’une disposition inventée contre lui », a insisté M. Thambwe.

Richissime et populaire homme d’affaires, M. Katumbi est passé dans l’opposition en septembre 2015 en même temps qu’il démissionnait de ses fonctions de gouverneur du Katanga (province du sud-est de la RDC démantelée depuis lors), tout en accusant M. Kabila de chercher à violer la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001. Son mandat arrive à son terme le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais l’opposition le soupçonne de manoeuvrer pour rester quand même à son poste.

Le 5 juillet, Moïse Katumbi avait annoncé son intention de rentrer « le plus vite possible » en RDC pour « poursuivre la lutte pacifique » pour le respect de la Constitution.

A la cour d’appel de Lubumbashi (capitale du Katanga), l’opposant est sous la menace d’un autre procès pour atteinte à la sûreté de l’État, la justice l’accusant d’être lié à un réseau de « recrutement de mercenaires » américains pour déstabiliser le pays.

M. Katumbi est considéré comme l’un des principaux artisans du « Rassemblement », un regroupement d’opposition créé en Belgique en juin, opposé à toute prolongation du mandat du président Kabila.

Afp