RDC : le M23 conditionne son retrait de Goma par l’arrestation du général Numbi , la dissolution de la Ceni et la libération des prisonniers politiques

Le coordonateur du M23, Jean-Marie Runiga, a déclaré ce mardi 27 novembre au cours d’une conférence de presse à Goma que son mouvement ne se retirerait de la ville que s’il  obtenait du président Kabila un cessez-le-feu et l’établissement d’un calendrier des négociations qui regrouperait aussi la société civile, la diaspora et l’opposition. Le chef politique du M23 a également exigé le retrait des groupes armés étrangers actifs en RDC, l’arrestation du général John Numbi-accusé par certaines ONG d’être le principal responsable de l’assassinat du défenseur Floribert Chebeya-, la libération « sans condition » des prisonniers politiques, la dissolution de la Ceni et la levée de la privation des mouvements d’Etienne Tshisekedi.

Au cours de sa conférence de presse Jean-Marie Runiga a également évoqué le sommet des pays des Grands lacs, l’ouverture d’un couloir humanitaire, la collaboration avec la Monusco, la sécurité dans la ville de Goma, la relance des activités économiques dans les localités occupées par son mouvement etl’offensive annoncée par le chef des forces terrestres congolaises.

Cette déclaration du chef politique du M23 intervient quelques heures après une dépêche de l’AFP qui rapportait ce matin que le mouvement rebelle était d’accord pour se retirer de Goma.

Interrogé par l’agence de presse sur un accord conclu dans la capitale ougandaise, Kampala, entre la rébellion et une médiation des pays des Grands Lacs sur un retrait de Goma, le colonel Antoine Manzi du M23 aurait répondu : « C’est vrai », sans donner d’indications temporelles au sujet de ce retrait.

« Ils nous ont demandé de nous retirer de Goma pour commencer les négociations avec le gouvernement », aurait poursuivi l’officier.

Avant lui, le ministre ougandais des Affaires étrangères, Sam Kutesa, aurait aussi affirmé à l’AFP que les rebelles avaient accepté de quitter Goma, sans donner des précisions temporaires.

Mais sur place à Goma, aucun autre responsable de la rébellion n’a parlé de ce retrait. Aucun mouvement des troupes n’a non plus été constaté.

Les chefs d’Etat des Grands lacs ont lancé le samedi dernier un ultimatum de deux jours au M23 pour se retirer de Goma. L’ultimatum a expiré lundi à minuit sans que le mouvement rebelle ne quitte la ville.

Peu avant l’expiration de l’ultimatum de la CIRGL, le nouveau chef des forces terrestres congolaises, le général François Olenga, a menacé de lancer une  offensive si le M23 ne se retirait pas de la ville de Goma.

« Si les rebelles du M23 ne respectent pas le délai fixé par le sommet de Kampala pour leur retrait de Goma, nous allons faire notre travail et restaurer l’autorité de l’Etat », a-t-il déclaré à l’AFP.

M23: 11 sénateurs de l’opposition congolaise exigent « des négociations républicaines »

Onze sénateurs de l’opposition congolaise réunis au sein du groupe les Partisans de négociations républicaines (PNR) ont exigé lundi 26 novembre l’ouverture des « négociations républicaines et intercongolaises » en République démocratique du Congo. Selon une dépêche de l’AFP, ces assises devraient se tenir sous l’égide de l’ONU, de l’Union africaine et de l’Union européenne et réunir autour d’une même table les représentants de la Majorité présidentielle, de l’opposition, de la société civile et de la diaspora congolaise, ont-ils souhaité pour mettre fin à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.

Les onze sénateurs congolais ont suggéré que les négociations devraient être axées sur la réorganisation des forces armées, la réforme du système électoral, la concrétisation du fédéralisme et la réforme de la justice.

Dans leur texte, ces sénateurs ont estimé que la guerre dans l’est de la RDC est menée « contre tout un peuple par ailleurs lassé et désabusé par l’incurie de la gestion gouvernementale ».

Ils affirment aussi que les scrutins présidentiels du 28 novembre 2011 ayant consacré la réélection de Joseph Kabila et d’un parlement largement acquis à sa cause sont le « symbole inaltérable de la mauvaise gouvernance » du pays « élevée à son paroxysme ».

« Depuis, il s’est égrené de façon accélérée un chapelet de méfaits qui ont fini par ébranler de fond en comble la cohésion nationale », ont ajouté ces onze sénateurs sur les cent-huit que compte le Sénat congolais.

Par Radiookapi.net