RD Congo: les Etats-Unis remettent en cause l’indépendance de la Cour constitutionnelle

RD Congo: les Etats-Unis remettent en cause l’indépendance de la Cour constitutionnelle

Les Etats-Unis, le Canada, la Suisse et le Royaume-Uni remettent en cause l’indépendance de la Cour constitutionnelle. Ces pays lui reprochent de « nuire au climat politique apaisé ». Un signal clair envoyé aux pro-Kabila.

Dans un communiqué cinglant, les Etats-Unis, le Canada, la Suisse et le Royaume-Uni s’en sont pris à la Cour constitutionnelle congolaise et lui reprochent de « nuire au climat politique apaisé ». Les accusations contre la cour suprême congolaise sont suffisamment graves et la déclaration commune de ces quatre pays est un signal clair envoyé au clan Kabila sans citer l’ex-président.

« Les récentes décisions de la Cour constitutionnelle prises en dehors des échéances prescrites par la loi nuisent à un climat politique apaisé et mettent à risque l’opportunité après les élections présidentielle et législatives de donner place au changement pour lequel la population congolaise a voté », précise le communiqué commun des chefs de mission des quatre pays ; et non des moindres puisque les Etats-Unis sont visiblement à la manœuvre. « Nous regrettons vivement l’incertitude et la méfiance créées par ces décisions », ajoute le communiqué.

Trente députés de l’opposition

L’objet du courroux des quatre chancelleries : la récente décision de la Cour d’invalider l’élection d’une trentaine de députés de l’opposition dont 23 de la coalition Lamuka de Martin Fayulu, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi. C’est d’ailleurs cette même Cour constitutionnelle qui avait validé le résultat de l’élection présidentielle et avait proclamé la victoire de Félix Tshisekedi alors que la plupart des observateurs donnaient Fayulu largement vainqueur.

Malgré les soupçons de tricherie orchestrée par le pouvoir sortant, une majorité de Congolais avait accepté le verdict ; avant tout parce que Kabila quittait le pouvoir. Mais en coulisses et au parlement, c’est toujours l’ex-président et son entourage qui tirent les ficelles.

Après une période de relative accalmie post-électorale, le Congo renoue avec les tensions politiques. D’abord parce qu’il n’y a toujours pas de gouvernement et ensuite parce que la Cour constitutionnelle a privé l’opposition de 30 sièges alors que le FCC de Kabila compte déjà plus de 300 sièges sur les 500 de l’Assemblée nationale. Ce poids du FCC pèse d’ailleurs beaucoup dans l’attribution des portefeuilles ministériels.

Manifestation le 30 juin

Cette semaine, des militants de l’UDPS, le parti de Tshisekedi, s’en sont pris au parti de Kabila (PPRD) qu’ils accusent d’« outrage au chef de l’Etat ». Ils n’ont pas digéré le débat, vendredi dernier au parlement national, durant lequel les députés pro-Kabila ont remis en cause deux ordonnances présidentielles portant nomination à la tête de deux entreprises publiques : la Gécamines et la SNCC (société des chemins de fer).

En réaction aux décisions de la Cour constitutionnelle, M. Fayulu a annoncé « la suspension des activités parlementaires de tous les députés de sa coalition jusqu’à nouvel ordre ». Lamuka a organisé jeudi un sit-in devant la Cour constitutionnelle à Kinshasa et prévoit d’autres actions dans tout le pays le 30 juin, jour de la fête de l’Indépendance.

(Avec Le Soir.be)

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