Plainte contre Martin Fayulu: mobilisation populaire maintenue lundi 6 mai malgré le «report présumé» de l’audition

Plainte contre Martin Fayulu: mobilisation populaire maintenue lundi 6 mai malgré le «report présumé» de l’audition

La mobilisation populaire pour la journée de lundi 6 mai en soutien à Martin Fayulu convoqué par le commissaire adjoint de la police judiciaire, à la suite d’une plainte pour « incitation à la haine ethnique, massacre des balubas, pillage, atteintes aux droits garantis, crime de génocide et crimes contre l’humanité», est maintenue au siège du casier judiciaire malgré l’annonce du «report présumé» de l’audition par le porte-parole de la police nationale sur les antennes de la télévision nationale congolaise samedi 4 mai. La population semble bien déterminée à manifester sa colère et accompagner Fayulu au siège du casier judiciaire pour en découdre une fois pour toutes avec les institutions terroristes.

La police nationale a lu et publié un communiqué à la télévision nationale pour annoncer le report de l’invitation et de l’audition à une date ultérieure. Le communiqué lu par le colonel Pierrot Mwanamputu, porte-parole de la Police nationale congolaise (PNC) évoque les raisons de sérénité populaire et le caractère politique que certaines personnes mal intentionnées ont donné à l’invitation de Martin Fayulu, pour justifier cette décision. Et de conclure : «Martin Fayulu ne sera plus attendu ce lundi 6 mai. Son audition par la police judiciaire a été renvoyée à une date ultérieure». Le document présente même un lapsus du fait qu’il porte la date du 4 avril alors qu’il est présenté le 4 mai. Ce qui confirme le degré d’agitation et la situation de panique d’un pouvoir en lambeaux.

Fayulu maintient le rendez-vous

Le staff juridique de Martin Fayulu contacté par bakolokongo depuis l’Europe considère que le communiqué de la police ne constitue pas un acte juridique pour que l’accusé ne s’acquitte pas de son devoir civique vis à vis des instances judiciaires. De surcroit, le commissaire adjoint de la police judiciaire n’a ni notifié, ni signifié officiellement à l’intéressé l’annulation de l’invitation ou le report de l’audition. Ce qui représenterait parfois un piège de la part d’un pouvoir criminel sans scrupule qui n’est pas à son premier forfait. Une stratégie du pouvoir aux abois destinée à démobiliser la population pour surprendre Fayulu qui se retrouverait seul, a déclaré un juriste du staff Fayulu.

Le communiqué de la cellule de communication de l’Ecidé est sans équivoque: «le président élu démocratiquement par le peuple souverain de toute la République démocratique du Congo, Martin Fayulu Madidi, se présentera initialement comme prévu ce lundi 06/05/2019 à 10 heures à la police judiciaire à Kinshasa/Gombe pour s’informer personnellement du bien-fondé de cette plainte fallacieuse contre sa personne».

Bien auparavant Martin Fayulu avait affirmé, samedi 4 mai, au sujet de cette invitation de la police judiciaire, qu’il répondra positivement. Il avait dénoncé une procédure destinée « pour le faire taire ».

« Je vais m’y rendre. Je vais aller pour en savoir davantage. Qu’ils me disent quels sont les propos que j’ai tenus ou qui sont sortis de ma bouche. Sur quelle base, ils fondent leur plainte ».

« C’est une procédure pour me faire taire, pour m’intimider. C’est une procédure pour intimider et faire peur au peuple congolais. Je pense que s’il n’y avait pas le dimanche 28 avril, ils ne m’auraient pas invité. Ils ont vu la masse. Ils ont vu l’engouement (…). La seule façon, c’est de m’intimider ».

L’entourage de Martin Fayulu et les 62% des congolais qui se sont exprimés le 30 décembre 2018 pour le candidat de la coalition Lamuka sont déterminés de manifester leur colère et dénoncer l’instrumentalisation de la justice.

LIRE: Plainte contre Martin Fayulu: situation tendue à Kinshasa avec des manifestations à travers tout le pays lundi 6 mai

Le président Martin Fayulu a été visé par une plainte déposée contre lui le 18 février par un certain Jean-Claude Ngoy Lufuluabo auprès du procureur général près la Cour de cassation, qui a ordonné le 30 avril au commissaire général adjoint chargé de la police judiciaire l’ouverture d’une enquête. Le véritable vainqueur à l’élection présidentielle de décembre 2018 y est accusé d’« incitation à la haine ethnique, massacre des balubas, pillage, atteintes aux droits garantis, crime de génocide et crimes contre l’humanité ». La police judiciaire a ainsi invité Martin Fayulu à se présenter à la police judiciaire lundi 6 mai afin d’être entendu dans ce dossier.

Le commissaire de la police judiciaire a compétence d’entendre l’accusé et établir si la plainte sur les accusations à charge sont fondées et retransmettre son rapport au procureur général près la Cour de cassation pour délibération.

Cette action judiciaire contre Martin Fayulu risque d’embraser la situation dans le pays. Mercredi, plusieurs personnes ont manifesté dans l’est de Kinshasa pour dénoncer cette action judiciaire et apporter leur soutien à Martin Fayulu, et des pneus ont été brûlés sur la route principale menant vers l’aéroport international de N’djili.

bakolokongo