La RDC agitée par la perspective d’un troisième mandat présidentiel de Joseph Kabila

La RDC agitée par la perspective d’un troisième mandat présidentiel de Joseph Kabila

Le président Joseph Kabila pourrait se représenter en 2016 si la limite constitutionnelle était levée, projet contre lequel se dresse l’opposition. Le débat s’est invité en marge du sommet Etats-Unis–Afrique.
Tandis que le président de la République démocratique du Congo (RDC) est en déplacement à Washington où s’achève ce mercredi le sommet Etats-Unis–Afrique, ses opposants politiques, redoutant de voir Joseph Kabila réformer la constitution pour briguer un troisième mandat, se mobilisent à Kinshasa. Le débat fait rage entre la majorité, sûre de la légalité d’un référendum afin de modifier la Constitution, et l’opposition, rassemblée lors d’une manifestation lundi dernier dans la capitale. L’un des principaux orateurs de ce rassemblement, le député d’opposition Jean-Bertrand Ewanga, a été arrêté et emprisonné pour «outrage au chef de l’Etat et incitation à la haine tribale» selon ses avocats.
Réviser l’article 220 de la Constitution, qui interdit de contourner la limite de deux mandats consécutifs, permettrait à Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et élu démocratiquement depuis 2006, de se représenter pour un troisième mandat en 2016.
Washington hostile à de telles manœuvres
Le président américain Barack Obama a tenu à évoquer et condamner cette manœuvre lors du sommet de Washington : «Quand un homme ou une femme reste trop longtemps au pouvoir, il ou elle agit surtout pour durer et non pour le bien du pays.» Il avait été précédé du secrétaire d’Etat John Kerry qui, en visite à Kinshasa début mai, avait déjà fait part de la position des Etats-Unis en faveur d’élections libres et équitables. Il avait en outre annoncé, au cours de la même conférence de presse, une contribution de «30 millions de dollars [22 millions d’euros] de financement supplémentaires destinés à soutenir des élections transparentes et crédibles de même que des programmes de reconstruction dans l’est du Congo».
La RDC n’est pas un cas isolé: le Congo-Brazzaville, le Rwanda et le Burkina Faso ont aussi lancé des projets de révision constitutionnelle afin de permettre à leurs chefs d’Etat de briguer un nouveau mandat.
CLAIRE BARGELES