France: les véhicules les plus polluants bientôt boutés de la métropole de Paris

France: les véhicules les plus polluants bientôt boutés de la métropole de Paris

Les véhicules diesel de plus de 18 ans et essence de plus de 21 ans seront bannis de l’intérieur de l’A86 en Île-de-France dès juillet, a annoncé la métropole.

La métropole du Grand Paris (MGP) a voté lundi 12 novembre l’interdiction de circulation des véhicules les plus polluants dès juillet 2019. Les véhicules diesel de plus de 18 ans et essence de plus de 21 ans seront donc bannis de l’intérieur de l’A86 en Île-de-France. « Nous devons faire preuve de courage collectif », a déclaré devant les élus le président de la MGP, Patrick Ollier, évoquant les « 5 000 à 6 000 morts par pollution chaque année dans la région ». Pour être définitive, la mesure doit faire l’objet de consultations auprès de la population de chacune des communes et les 79 maires concernés doivent ensuite prendre des arrêtés.

La France a les voitures les plus « sales » de l’UE

Fortement marqué par le diesel, le parc automobile français reste le moins bien dépollué d’Europe, un bilan dressé 3 ans après le début du dieselgate.

Quelque 43 millions de véhicules diesel « sales » continuent de circuler dans l’Union européenne, malgré l’engagement des constructeurs automobiles à réduire les émissions de gaz polluants des modèles récemment commercialisés, selon une étude de l’ONG bruxelloise Transport et Environnement (T&E) publiée mardi. L’étude compare ce chiffre avec les 29 millions de voitures et fourgonnettes « très polluantes » recensées sur les routes européennes il y a trois ans quand a éclaté le dieselgate.

Elle dénonce le double discours des constructeurs et l’écart entre théorie et pratique à propos des moteurs diesel aux normes antipollution les plus récentes (Euro 5 et 6, correspondant à une commercialisation postérieure à 2009).

« Les voitures continuent d’être optimisées pour bien se comporter lors des tests (d’émissions polluantes) et émettent bien davantage lorsqu’elles sont entre les mains des clients », affirme T&E qui enfonce tout de même une porte ouverte. Chacun sait qu’il y a un gouffre entre la théorie et la réalité des consommations constatées par les usagers. Comparées aux valeurs officielles, dont les procédures de mesures sont, rappelons-le, établies par le législateur et soulignent depuis toujours ce hiatus.

De plus, l’effet renouvellement du parc, très lent avec une durée de vie de près de 9 ans, implique un gros décalage entre l’intention louable de nouvelles normes et l’effet ressenti effectivement sur le terrain. Il se compte en années, voire en décennies pour avoir un impact significatif.

Théorie et réalité

Plus intéressante en revanche est l’évolution constatée depuis la révélation du dieselgate. Selon l’ONG, ces 43 millions de véhicules polluants, dont beaucoup sont anciens, émettent des oxydes d’azote (NOx) en quantité « au moins trois fois supérieure » à ce qu’autorisent les normes en vigueur dans l’Union européenne.

« Si l’Europe n’agit pas, ces voitures vont continuer de polluer l’air pendant des décennies, écourtant des vies », ajoute le rapport, qui propose de limiter la commercialisation et l’usage de tels véhicules. Rien de moins.

La France est, selon cette ONG, le pays le plus affecté par le problème, puisqu’il y circule quelque 8,7 millions de « diesel sales ». Viennent ensuite l’Allemagne (8,2 millions) puis le Royaume-Uni (7,3), l’Italie(5,3), l’Espagne (3,2) et la Belgique (environ 2 millions).

Le rapport est publié trois ans jour pour jour après la révélation par les autorités de régulation américaines, le 18 septembre 2015, de la fraude aux tests antipollution opérée par le constructeur allemand Volkswagen.

Quelques jours plus tard, VW avait reconnu avoir équipé 11 millions de ses véhicules dans le monde d’un logiciel capable de tromper les contrôles sur les émissions de NOx. Son patron avait dû démissionner. Le scandale s’est ensuite étendu à d’autres constructeurs.

(Avec AFP)